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Le thème de l'économie, pour une cité comme Lausanne, est vaste. La capitale vaudoise fournit 30% des emplois du canton, la région lausannoise (Lausanne Région) 50% et l'agglomération Lausanne – Morges près de 60%. Dans ses précédents préavis consacrés à Agenda 21, en particulier la 3e partie sur les villes-centres, la Municipalité de Lausanne a montré que les communes qui s'étaient intéressées davantage aux contribuables dotés de gros revenus qu'aux places de travail en avaient retiré, au fil des années, un bénéfice fiscal important.
D'autres préavis sont liés à ce 6e volet Agenda 21. Ainsi, celui sur les 3000 logements, présenté il y a quelques semaines par la direction de la sécurité sociale et de l'environnement, devrait permettre à terme un certain redressement de la structure fiscale lausannoise. En effet, les deux tiers des nouveaux logements prévus sont destinés à alimenter le marché libre et à attirer des contribuables plus aisés. Si 5000 nouveaux contribuables, de même niveau que ceux des quartiers les plus cossus de Lausanne, venaient à s'installer dans notre ville, le rendement fiscal lié atteindrait environ 50 millions de francs, un chiffre proche du déficit moyen constaté ces dix dernières années. Grâce à cette nouvelle politique, la Municipalité pourrait ainsi trouver, ces prochaines années, un moyen pour continuer à servir les prestations indispensables à la population, notamment à son segment le plus défavorisé qui, comme dans toutes les villes-centres, tend à s'y établir.
Néanmoins, dans une structure fortement urbanisée telle que Lausanne, et bien qu'il existe encore quelques possibilités de densification, le raisonnement ne peut être le même que dans une commune peu construite. Les quartiers comme celui de Sous-Gare, avec des immeubles de quatre à cinq étages accueillant des contribuables légèrement au-dessus de la moyenne, sont ceux qui fournissent le meilleur rendement fiscal au m2 pour Lausanne (près de 50 francs par m2). Ce rendement est supérieur à celui des quartiers de villas (environ 10 francs par m2 ). Ce dernier est d'ailleurs assez comparable à celui des zones de logements subventionnés. Toutefois, les coûts par habitant induits par les logements subventionnés et le fait que les habitants y soient beaucoup plus nombreux, annulent la validité de la comparaison précédente. En conséquence, pour une ville déjà bien construite, des solutions privilégiant les villas – sauf pour des contribuables absolument exceptionnels – ne sont, fiscalement, pas les plus rentables.
Sécurité et propreté
Dans un deuxième préavis conjoint, la direction de la sécurité publique abordera tous les aspects liés à la sécurité et au sentiment d'insécurité. Il ne s'agit pas de renforcer la présence policière pour rassurer les plus inquiets, quitte à inquiéter les autres, mais de trouver des mesures ciblées générant davantage d'effets positifs. Parmi celles-ci, des améliorations de l'éclairage public et de la propreté devraient être parmi les plus efficaces. Bien qu'en grande partie d'origine psychologique, le sentiment d'insécurité entre dans les conditions cadres qui font l'attractivité d'une ville, y compris du point de vue économique et résidentiel. L'aspect de la propreté fera l'objet d'un troisième préavis rédigé par la direction des travaux avant la fin 2005. Il développera les aspects techniques des mesures précédentes ainsi que la surveillance de la propreté sur le territoire lausannois.
Tourisme et marketing urbain
Une ville comme Lausanne génère une partie importante du produit intérieur brut vaudois (PVB). Son tourisme, en particulier son tourisme de congrès très actif, amène au PVB près de deux milliards de francs par année. Dans ce domaine, Lausanne peut se maintenir et se développer comme ville de congrès, non seulement grâce au Palais de Beaulieu, mais également grâce aux appoints futurs qui seront générés par le centre de congrès de l'EPFL. Afin de soutenir ce secteur, et en réponse à une motion du conseiller communal Jean-Christophe Bourquin, la Municipalité propose que le marketing urbain lausannois fasse l'objet, d'ici une année, d'un véritable plan de développement, réalisé à partir des points forts lausannois. Outre le label «capitale olympique», Lausanne possède plusieurs hautes écoles de grande qualité et très connues au niveau international, en particulier l'IMD et l'EPFL, ainsi que, dans une moindre mesure, l'Université et l'École hôtelière. De plus, sa réputation de haut lieu culturel et sa politique de développement durable sont de plus en plus reconnues au-delà des frontières. En matière notamment d'énergie et de transports, cette politique a valu à Lausanne la première médaille d'or européenne jamais décernée à une ville de plus de 100'000 habitants. A mi-2006, un préavis au Conseil communal présentera donc un véritable programme événementiel et de marketing urbain à partir de ces différents éléments, coordonnés par une étude extérieure et en synergie avec Lausanne Tourisme.
Les différents projets en cours liés à la structure d'agglomération montrent que Lausanne souhaite clairement ramener au centre-ville une partie des habitants et du commerce. Outre le projet d'agglomération Lausanne – Morges, la revitalisation du quartier de Beau-Séjour (remplacement du bâtiment administratif actuel par des logements en 2007) et la construction de 3000 logements, de nombreux efforts sont déployés autour de la construction du métro m2 et du réseau 08 des tl. De plus, grâce à la nouvelle politique événementielle et de marketing urbain, une partie du commerce retournera, dans ces prochaines années, dans la cité. D'ici 10 à 15 ans, Lausanne pourrait ainsi compter entre 135 et 140'000 habitants (au lieu de 127'000 aujourd'hui), sans pour autant augmenter les effectifs de l'administration communale, ainsi que l'ont démontré les études réalisées dans le cadre de l'opération Prestations 2004. Quelques exceptions sont évidemment à prévoir pour les structures scolaires, parascolaires ou de la petite enfance.
Soutenir l'emploi
Lausanne, comme toutes les villes-centres, recueille, davantage que d'autres communes, une part importante de la population en difficulté. Près de la moitié des cas au bénéfice du revenu minimum de réinsertion (RMR) ou de l'aide sociale vaudoise (ASV) du canton résident à Lausanne, ce qui n'est pas sans effets collatéraux. De plus, le problème général de l'apprentissage, présent dans toute la Suisse, se montre particulièrement aigu en Suisse romande et dans notre région. Parallèlement au développement des grands secteurs économiques, ces domaines-là ne doivent pas être oubliés. En conséquence, Lausanne poursuivra non seulement sa politique d'aide à l'implantation d'entreprises, en ciblant les cas, mais investira également dans des actions autour de la jeunesse et de l'apprentissage. Dès mi-2006, le nombre d'apprentis engagés par l'administration communale devrait croître significativement. En outre, la Ville participera à divers projets externes: préapprentissage pour des jeunes en difficulté au moment de débuter un apprentissage, partenariat avec la Société industrielle et commerciale (SIC) pour l'encouragement à la formation professionnelle et collaboration avec le Swiss Design Center.
Enfin, la qualité de la vie en général fait partie des éléments importants pour des citoyens qui ne veulent pas avoir le sentiment de vivre dans des lieux déshumanisés. Le présent préavis propose donc encore de concrétiser un projet issu de Quartiers 21 visant à arboriser la ville le mieux possible et à revaloriser la nature en milieu urbain. Cet aspect sera développé dans le 7e volet d'Agenda 21, qui abordera le problème de la politique de proximité dans les quartiers. Il devrait être disponible au printemps 2006.
La Municipalité de Lausanne
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