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En 1988, suite à plusieurs coups de vent dans la forêt des Vuargnes, le service des forêts de la Ville de Lausanne a créé l'étang artificiel de la Bressonne. D'une surface d'un hectare et demi (15'000 m2), entouré d'une zone de 15 hectares, il avait pour but de favoriser les espèces locales. Rapidement, les populations de crapauds communs, de grenouilles rousses et de tritons alpestres se sont développées, entraînant des migrations importantes. En effet, les batraciens vivent principalement dans les sous-bois en hiver et au bord des plans d'eau durant leur période de reproduction. La présence de la route des Paysans a d'emblée entraîné de lourdes pertes au sein des populations de batraciens. Aussi, dès 1993, le service lausannois des forêts a posé chaque année, de février à avril, une barrière provisoire le long de la route. Durant les dix années qui ont suivi, quelque 36'000 bêtes ont ainsi été transportées, dans des seaux, par des bénévoles, d'un côté à l'autre de la route.
Cette mesure a permis de réaliser certains travaux scientifiques (Musée cantonal de zoologie et Institut d'écologie de l'Université de Lausanne) mais aussi de suivre l'évolution des différentes populations de batraciens. L'espèce la plus nombreuse est le crapaud commun. Sa population a oscillé ces dix dernières années entre 1500 et 4500 individus, selon la rigueur des hivers ou le trafic sur la route des Paysans. Les tritons alpestres varient, quant à eux, entre 150 et 1000 bêtes et les grenouilles rousses, entre 15 et 140 individus.
En 2003, la Ville de Lausanne a décidé, dans le cadre de sa politique de développement durable Agenda 21, de créer des installations fixes pour assurer la pérennité de ces espèces protégées. Depuis cet hiver, cinq tuyaux d'environ 70 cm de diamètre, complétés par des caniveaux le long de la route destinés à guider les animaux, les conduisent de l'autre côté de la route des Paysans. Ainsi, non seulement les batraciens, mais également la faune de la région, bénéficient de «routes de déplacement» à l’abri des véhicules. Le coût total des travaux s'élève à 280'000 francs, dont 35% sont pris en charge par des subventions fédérales et cantonales.
Culture, sports, patrimoine
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