Les aides sociales sont-elles les mêmes pour les Suisses et les Etrangers?
Les aides sociales sont accordées selon un barème unique: elles sont donc les mêmes pour tous. Mais seuls les Suisses et les Etrangers titulaires d’un permis de séjour valable peuvent en bénéficier. Les requérants d’asile reçoivent une aide inférieure de moitié environ, versée par la Fondation pour l’accueil des requérants d’asile (FAREAS) et non par les services sociaux communaux.
Qui fixe le montant des aides sociales?
Le Conseil d’Etat du canton de Vaud, en principe en suivant les recommandations de la Conférence des institutions d’action sociale suisses (CSIAS).
N’y a-t-il pas beaucoup d’Etrangers à l’aide sociale?
Les personnes qui ne sont pas au bénéfice d’une scolarité et d’une formation professionnelle complètes trouvent beaucoup plus difficilement un emploi et, par conséquent, sont plus nombreuses à demander l’aide sociale. Les Etrangers qui s’adressent à nous sont, très souvent, des personnes dépourvues d’une scolarité et d’une formation professionnelle complètes. Aussi la Ville de Lausanne a-t-elle mis sur pied une véritable «école pour adultes» (la Communauté d’intérêts pour la formation élémentaire des adultes - CIFEA) qui leur permet d’apprendre le français et, pour certains d’entre eux, d’apprendre à lire, à écrire, à calculer, et si possible à chercher un emploi. Il va de soi que la CIFEA est également ouverte aux personnes de nationalité suisse qui ont besoin des mêmes cours.
Comment être sûr que les bénéficiaires ne sont pas des profiteurs?
La plupart des personnes qui s’adressent aux services sociaux y sont contraintes par une grande détresse matérielle - dont elles ont généralement honte, qu’elles en soient responsables ou non. Mais il est vrai que quelques-uns trichent. Certains omettent de déclarer de très modestes revenus - par exemple une ristourne sur des frais de chauffage ou le salaire de quelques heures de ménage - pour arrondir des fins de mois toujours très difficiles lorsque l’on doit s’en sortir avec le minimum vital. Ces fraudes là, qui en règle générale ne restent pas impunies, n’entraînent pas de préjudices majeurs pour les collectivités publiques. Une infime minorité se livre à de véritables escroqueries et, tôt ou tard, se font prendre. Nous n’hésitons pas, alors, à déposer plainte pénale. Et dans tous les cas, les intéressés doivent rembourser les montants indûment perçus.
Les fraudes font-elles perdre beaucoup d’argent au contribuable?
A Lausanne, les versements indus consécutifs à des fraudes ne représentent qu’un pour-cent environ du total des aides versées et les sommes en jeu ne sont probablement pas plus importantes que celles dépensées dans la lutte contre lesdites fraudes (enquêtes, dénonciations, procès, etc.). En tous les cas, elles ne représentent qu’une petite fraction des pertes liées à la fraude et à l’évasion fiscales, dont les collectivités publiques souffrent assurément beaucoup plus... Mais cela n’empêche pas nos usagers de devoir respecter les règles en vigueur.