On arrive à une conclusion en demi-teintes. Les habitudes de consommation alimentaires des Suisses changent lentement. Apparemment les recommandations d’absorber moins de graisses et d'alcool sont peu à peu suivies par des couches de plus en plus larges de la population. Alors que l’ingestion de produits céréaliers a augmenté conformément aux recommandations, celle des fruits a sensiblement reculé. Cette tendance doit être inversée de manière résolue car des études épidémiologiques ont montré que les fruits et légumes (mais pas l'absorption des seuls compléments vitaminés) permettent de réduire sensiblement la fréquence de certaines affections cancéreuses.
Une alimentation basée davantage sur des aliments végétaux présente en outre souvent l'avantage d'être plus pauvre en graisses et en calories et de contenir plus de fibres alimentaires. Ce sont autant de facteurs qui contribuent à prévenir l'obésité et les maladies de civilisation qui en découlent, telles que les maladies cardio-vasculaires ou le diabète de type II. Des efforts restent à faire, globalement, pour adapter la ration calorique à ses besoins et réduire la consommation de sel et d'alcool. Les préparations industrielles ou collectives devraient être adaptées aux normes.
Les efforts de prévention des Ligues (Ligue suisse contre le cancer, les Ligues de la santé dans le canton de Vaud) et d'autres organisations (ISPA, OFSP, etc.) permettent certes d'élever le niveau de savoir de la population, mais ces connaissances ne sont pas toujours restituées de manière spontanée et donc bien fixées, structurées et directement utiles dans le domaine alimentaire (bibliographie, réf. 29 et 30). On ignore aussi à quel degré elles sont mises en oeuvre dans une modification favorable du comportement (bibliographie, réf. 5 ).
Il importe donc d'utiliser toutes les voies d'approche possibles dans tous les sous-groupes de population et à tous les âges, avec constance, afin de faire passer le message.