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Les villes-centre et certaines communes de banlieue regroupent la majeure partie des activités commerciales – et donc de l'emploi – d'une agglomération. Les communes périphériques, pour leur part, proposent principalement terrains à bâtir, quartiers de villas et résidences de luxe, souvent pour les cadres qui vont travailler au centre-ville. Les travailleurs payant leurs impôts sur leur commune de domicile, les premières se retrouvent défavorisées par rapport aux secondes, qui peuvent proposer des taux d'imposition plus bas. Bien que la bascule des points d'impôts opérée par Etacom résolve une partie des inégalités fiscales dans le canton de Vaud, elle modifie peu la différence entre les subventions versées par la Ville de Lausanne et la grande majorité des communes de la région.
Côté social, les villes-centre sont, davantage que les autres communes, confrontées à des problèmes sociaux. Une proportion élevée de marginaux, d'étrangers, de familles monoparentales, de personnes âgées, pauvres, seules, toxico-dépendantes, sans emploi, en fin de droit ou en formation se concentre en ville. Ces populations exigent beaucoup de prestations de la part de la collectivité et paient généralement peu d'impôts. Ainsi, 40% des cas sociaux du Canton (Revenu minimal de réinsertion ou Aide sociale vaudoise) habitent Lausanne.
Enfin, en matière de culture, sports et loisirs, les villes-centre subventionnent de nombreuses associations, projets et infrastructures fréquentés par les habitants de toute l'agglomération. Par exemple, le TML Opéra est subventionné à 83% par la Ville, 13% par le Canton et 3% par les communes de la région. Pourtant, seuls 30% des spectateurs sont lausannois, 28% vaudois, 22% viennent de l'agglomération et 18% de l'extérieur du Canton. D'autres institutions, telles que la bibliothèque municipale ou le stade olympique, sont dans une position identique.
Le développement durable postule l'équilibre budgétaire et financier à moyen terme. Mais en 2002, les comptes de la Ville de Lausanne ont fait apparaître un résultat préoccupant, principalement en raison d'un excédent de charges. Ces dernières ont augmenté, durant ces 20 dernières années, d'environ 100 millions de francs, portant ainsi le déficit communal à 70 millions.
Parmi les charges qui ont le plus progressé, le trafic régional, les prestations sociales et l'encouragement à la culture sont en tête de liste. Par exemple, ce dernier poste s'élevait à 9,3 millions de francs en 1980. En 2001, il atteignait 38,8 millions de francs, soit une augmentation annuelle de 7% en moyenne.
A cette hausse des charges s'ajoute la décision du Grand conseil vaudois de faire passer la part des communes de 33 à 50% de la facture sociale dès 2004. Globalement, toutes ces tâches supplémentaires représentent actuellement plus de 70 points du taux d'imposition. Du côté des actifs, diverses menaces indiquent que la situation, rassurante pour l'instant, pourrait rapidement se dégrader si aucune mesure n'est prise. En effet, des décisions fédérales pourraient faire passer l'excédent d'actifs actuel de 750 millions de francs en déficit d'actifs de 300 millions.
Afin de faire face à la situation, la Municipalité veut obtenir la reconnaissance de ces tâches de ville-centre et leur indemnisation. Dans le cadre de Police 2000, elle espère un traitement financier comparable à celui des autres communes. A terme, elle pourrait introduire des tarifs indigènes ou supprimer certaines prestations. Le budget 2004 abordera les mesures à prendre au niveau strictement communal.
Administration générale et finances
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