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C'est au cours de la deuxième partie de son existence que Georges Simenon vint s'installer en Suisse. Après avoir passé dix ans aux Etats-Unis, l'écrivain s'installe pour un séjour de plus d'une année au Lausanne Palace, entre juin 1956 et juin 1957. Ensuite, il s'en va vivre au Château d'Echandens où il restera jusqu'à fin 1963. Entre-temps, il a fait construire une immense demeure à Epalinges dans laquelle il résidera près de dix ans. La période proprement lausannoise commence le 27 octobre 1972: il s'installe à l'avenue de Cour 155, dans un des deux immeubles de 14 étages, près de la Maladière. Enfin, dès le 1er février 1974, il trouve un endroit à sa mesure, une jolie maison du XVIIIe siècle, flanquée d'un énorme cèdre, à l'avenue des Figuiers 12. A l'exception d'un cours séjour au Beau-Rivage durant l'hiver 1988-89, il y restera jusqu'à sa mort le 4 septembre 1989.
Pour le père de Maigret, Lausanne est donc le dernier port et la Suisse l'environnement qu'il souhaitait trouver: à ses yeux, notre pays représente le calme et l'ordre. Dans le 21e volume de ses Dictées, intitulé «Destinées», il raconte ce périple helvétique: «(D'abord) un vieux château qui comportait même deux prisons, car sous l'occupation bernoise, c'était la demeure du bailli (…) J'en eus vite assez des vieux murs, des donjons, des tourelles, d'autant qu'on était en train de construire l'autoroute presque sous notre nez. Comme j'allais fréquemment jouer au golfe au-dessus de Lausanne, à Epalinges, je décidai d'y faire construire (…) une maison avec tous les perfectionnements techniques que j'avais appris en Amérique (…). Un beau jour, je pris la décision de quitter Epalinges, mais ce fut pour me réfugier dans un duplex de sept pièces au huitième étage d'une tour de béton (…). Mais du haut de notre tour, nous avons déniché une petite maison rose à l'ombre d'un vieux cèdre (…) Je sais que j'y ai mis le temps, mais j'ai trouvé à nouveau mon vrai nid, la maison où je pouvais vivre avec Teresa jour et nuit dans une pièce (…) L'homme n'est pas fait pour la parade et l'agitation.»
Lausanne est présente dans l'œuvre de Simenon, et son arrivée dans la capitale a aussi été un moment charnière dans sa vie de romancier. Quand il s'y installe en 1972, il déclare mettre un terme à sa très riche carrière d'écrivain et cherche la sérénité. Un an plus tard, il commence d'ailleurs à rédiger ses Dictées, souvenirs et réflexions. Cette période sera marquée par une épreuve, le suicide de sa fille Marie-Jo. Enfin, ultime bilan, en 1981, il fera paraître ses Mémoires intimes.
Simenon, qui s'était attaché à Lausanne, appréciait beaucoup la rue de Bourg, où il aimait à se promener. Il affectionnait particulièrement les jours de marché. Il y effectuait aussi ses achats et, en grand fumeur de pipe – comme son personnage Maigret –, s'approvisionnait notamment en tabac. C'est donc cet endroit doublement symbolique qu'a choisi la Ville de Lausanne pour honorer la mémoire de Georges Simenon.
Vingt-cinq plaques commémoratives ont été apposées par la Ville de Lausanne depuis huit ans en différents endroits dans la cité en l'honneur de personnalités ayant vécu au XVIIIe, XIXe et XXe siècle.
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