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Entre 4 et 6'000 personnes. C’est le résultat auquel la Municipalité parvient au terme de sa tentative de dénombrer les migrants vivant en situation irrégulière à Lausanne. Aboutissement d’une démarche combinant plusieurs approches, cette évaluation est crédible. Elle met en lumière l’importance d’un phénomène fréquemment évoqué mais n’ayant à ce jour guère suscité l’intérêt des collectivités publiques.
Trouver un emploi, concrétiser un projet de vie, offrir de meilleures perspectives à sa famille sont autant de motifs qui poussent les migrants à quitter leur pays. Ils gagnent des régions où ils savent pouvoir trouver du travail en dépit des barrières juridiques érigées pour endiguer les flux migratoires.
Rares sont ceux qui ne parviennent pas s'employer. La plupart doivent toutefois accepter des conditions de travail particulièrement défavorables: incertitude du lendemain, horaires prolongés, rétribution nettement inférieure aux normes. Les ressources à la fois précaires et réduites qui sont le triste apanage des clandestins ont un impact direct sur leur mode de vie. Ils logent dans des conditions souvent inacceptables, se nourrissent de manière insatisfaisante et rencontrent les pires problèmes lorsqu’il s’agit de se soigner. En dépit de l’obligation de s’assurer, ils se heurtent à toute sorte d’obstacles administratifs lorsqu’ils entreprennent de s’affilier à une caisse maladie.
La Municipalité constate que l’existence d’une main d’œuvre dépourvue de droits fait l’affaire de nombreux employeurs. Elle observe que cette population est extrêmement discrète et qu’elle ne pose pratiquement aucun problème en matière d’ordre public. Elle estime enfin que ni les dispositifs juridiques censés juguler l’immigration, ni les mesures envisagées pour réprimer le travail au noir ne parviendront à faire disparaître le problème et qu’il faut bien s’accommoder de la présence d’une forte population de migrants en situation irrégulière.
Bien que dépourvue de toute compétence en matière de politique migratoire, la Municipalité ne peut pas demeurer insensible et inactive face à une situation où des êtres humains sont contraints d’accepter des conditions d’existence indignes. Elle a décidé d’attirer l’attention du monde politique et du monde économique sur cette réalité déplaisante mais largement acceptée car hautement profitable pour maints secteurs économiques. Elle va continuer de soutenir – et de développer si nécessaire – les institutions privées à vocation sociale fournissant nourriture et logement d’urgence ainsi que les structures offrant des prestations dans le domaine de l’hygiène et des soins de santé. Elle s’efforcera aussi, en collaboration avec les administrations concernées, de trouver des solutions au problème de formation scolaire et professionnelle des enfants de clandestins.
La direction de la sécurité sociale et de l’environnement
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