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S’attaquer aux problèmes qui font le lit de la dépendance plutôt que d’orienter la prévention contre des substances précises: voilà à quoi se sont attelés la direction, le corps enseignant et l’équipe du service de santé de l’établissement secondaire de Villamont, en mettant sur pied ce programme pilote de prévention des toxicomanies d’un genre nouveau. A sa base, un mandat municipal qui souhaitait un effort supplémentaire pour améliorer prévention et lutte contre la drogue.
L’approche retenue d’une prévention par des «élèves-pairs» part du principe observé que les messages que se transmettent mutuellement les jeunes sont bien reçus, de par la proximité d’âge et la communauté d’intérêts. Le recours à ce vecteur privilégié de communication a donc été retenu. Pour choisir les élèves «transmetteurs», un groupe de pilotage du projet (rassemblant notamment des membres de la direction, du corps enseignant ainsi que du service de santé des écoles) a fait circuler dans les classes de 7e année un questionnaire, par lequel les élèves ont donné leur avis sur les capacités d’écoute, d’analyse, de médiation, de recul et de communication de leurs camarades. La lecture des réponses a permis au groupe de sélectionner les élèves à même de servir de référence ou d’exemple pour leurs semblables.
Ces derniers auraient pu être considérés comme préférés aux autres, donc différents (et perdant en cela leur qualité de pairs); un risque existait aussi qu’ils adoptent des conduites faussement adultes et basculent dans la relation d’aide. Ces écueils ont pourtant pu être évités en favorisant l’individualité chez les élèves sélectionnés, en insistant sur le fait qu’ils n’étaient pas là pour apprendre à aider les autres mais pour découvrir et renforcer leurs capacités d’autonomie, leur aptitude à être eux-mêmes.
En compagnie des adultes animateurs (mais dans le cadre d’une relation non pédagogique et non hiérarchique), ces jeunes ont amélioré leurs compétences en matière de communication verbale et non verbale, d’affirmation de soi, de prise de décision, de lutte contre l’anxiété et de connaissance des techniques publicitaires, cela au fil des séances réparties sur les trois dernières années de leur scolarité (environ 10 séances de deux périodes par an, hors temps scolaire).
A l’heure du bilan, il est difficile d’évaluer l’impact des élèves ayant participé à l’expérience sur leurs semblables. De nombreuses interactions (films, TV, jeux, internet, relations des écoliers) rendent cette mesure impraticable. En revanche, les participants reconnaissent tous avoir changé l’un ou l’autre de leurs comportements, à partir des apprentissages réalisés dans ce programme. Cela s’ajoute aux bonnes dispositions des élèves-pairs à présenter et à intéresser leurs camarades à l’expérience, confirmant ainsi un impact individuel sur des jeunes – chez qui un énorme intérêt à l’acquisition de connaissances nouvelles a été observé. Ce programme a donc été reconduit pour la période 1999-2003, affiné à la lumière des évaluations par lesquelles la phase pilote s’est conclue. Cette répétition va dans le sens souhaité d’une généralisation de l’expérience; car seule cette multiplication permettra d’observer des résultats probants.
Direction des écoles
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