Lausanne, une des cinq plus grandes villes suisses, est immédiatement identifiable en tant que commune par ses éléments constitutifs: un territoire, une population, des pouvoirs et une organisation propres. Mais Lausanne fait aussi partie de plusieurs entités qui, de la plus petite à la plus vaste, s'emboîtent l'une l'autre telles des poupées russes: l'agglomération lausannoise, le canton de Vaud, la Suisse, l'Europe, le Monde. Avec ces diverses entités, Lausanne a bien sûr des relations de nature et de degré très différents. Lausanne et le Monde Il peut paraître prétentieux pour Lausanne de s'inscrire dans une référence au Monde. S'il est vrai que la ville n'a pas à elle seule vocation de métropole, elle n'en montre pas moins de réelles caractéristiques internationales: dans sa population d'abord, avec 38% d'étrangers; dans son activité économique principale, le tourisme; également dans le rayonnement de ses Hautes écoles (Université, Ecole polytechnique fédérale (EPFL), IMD, Ecole hôtelière); enfin dans l'accueil d'importantes sociétés multinationales. Mais surtout Lausanne s'illustre universellement comme «capitale de l'Olympisme moderne» par l'installation dès 1915 du siège du Comité international olympique (CIO), attirant l'établissement de nombreuses fédérations sportives mondiales. Avec le Musée olympique qui connaît un succès remarquable, c'est là une carte essentielle pour l'image et le renom de la ville. La Maison du sport international a été créée conjointement par Lausanne, le CIO et le Canton de Vaud dans le but de mettre à disposition des locaux aux fédérations sportives internationales et aux autres organisations du sport international qui s’y intéressent. La Municipalité a récemment exprimé son ouverture au monde en s’associant à quelques initiatives internationales s’adressant spécifiquement aux villes et qui s’inscrivent dans un mouvement en faveur d’un renforcement du statut de ces dernières, soit l’organisation «Cités et gouvernements locaux unis», le réseau des villes signataires de la Charte européenne des droits de l’homme dans la ville et «Mayors for peace» (maires pour la paix). Lausanne est également membre du réseau des villes européennes durables, signataires de la Charte d’Aalborg, du «Comité des rencontres» de l’"Association des Villes et Régions de la Grande Europe pour la Culture et de l’Association Internationale des Maires et responsables des capitales et métropoles partiellement ou entièrement Francophones" (AIMF). A l’avenir, la Municipalité souhaite également développer de manière ciblée des partenariats avec d’autres villes sur des thèmes s’inscrivant dans le développement durable. Cette approche a pour but de favoriser les échanges d’information et expériences et aussi de promouvoir l’image de Lausanne dans le monde. En sa qualité de capitale olympique, Lausanne fait toujours l’objet de demandes concernant la venue de délégations en provenance notamment de villes et de régions de la République populaire de Chine. Pour traiter ces demandes de manière adéquate, le Canton de Vaud, la Ville de Lausanne et SinOptic ont conclu un mandat concernant les relations avec ce pays, en particulier les visites de délégations. Lausanne et l'EuropeLausanne a depuis longtemps lié sa destinée à l'Europe, en particulier dans un secteur vital pour elle: celui des transports ferroviaires. Elle doit ici sauvegarder une liaison essentielle Nord-Sud (voire Est-Ouest) notamment s'assurer le passage du TGV français tenté par d'autres parcours. Par ailleurs, les autorités lausannoises se sont aussi intéressées plus généralement au devenir européen. Ainsi, dès les années soixante, elles ont apporté leur soutien au Centre de recherches européennes, puis à la Fondation Jean Monnet; dès 1982, Lausanne est également siège de l'Association suisse pour le Conseil des Communes et Régions d'Europe. Cet engagement européen lui a du reste valu la reconnaissance officielle du Conseil de l'Europe par l'octroi du Prix de l'Europe en 1983. Lausanne participe activement au «Réseau Vaud-Europe», une initiative conjointe entre le Canton de Vaud et la Ville de Lausanne, regroupant des représentants de l’administration, de l’économie, des hautes écoles et des milieux associatifs concernés par l’intégration européenne. Il a notamment joué un rôle actif pour la promotion des accords bilatéraux. Lausanne et la Suisse
Avec la Suisse, quels rapports?
Pour la partie occidentale du pays d'abord. Lausanne, par sa position de noeud de communications, est un lieu central pour une bonne part de la Romandie. A cela contribuent également l'importance et la diversification de son équipement, notamment pour les services ainsi que la santé, l'éducation/formation, la culture et les sports. A noter par ailleurs que Lausanne est le siège du Tribunal fédéral, la Cour suprême de la Confédération. Pour la Suisse dans son entier, Lausanne se profile comme l'une des principales agglomérations du pays. Elle a donc des préoccupations comparables à celles des autres grandes cités, singulièrement en matière de transports, d'environnement et de qualité de vie, de logement et d'autres problèmes sociaux «modernes» (vieillissement, nouvelle pauvreté, drogue, etc.). Lausanne doit donc coopérer, soit directement avec l'une ou l'autre de ses égales, soit au sein de l'Union des villes suisses qui, par une action solidaire, peut amener la Confédération à mieux prendre en compte les réalités urbaines. Lausanne et le canton
Depuis 1803 chef-lieu du canton de Vaud. Lausanne entretient avec lui une relation traditionnelle d'attraction-répulsion. Pendant de nombreuses années, elle a concentré chez elle tout l'appareil d'Etat, notamment l'enseignement secondaire supérieur. Un mouvement de décentralisation, s'affirmant dès les années 1970, tend à entamer ce qui était un quasi monopole lausannois des services publics cantonaux. Cela va dans le bon sens s'agissant d'activités que l'on peut répartir avec profit dans le pays vaudois, telles l'éducation/formation ou la santé publique. Mais Lausanne entend bien maintenir sa fonction de «capitale», siège des principaux organes politiques et administratifs du Canton, que lui ont dévolu sa situation géographique, sa taille et sa dynamique urbaine. Lausanne et son agglomération
Dès les années 1950, Lausanne est centre d'une agglomération urbaine en progression continue, atteignant le quart de million d'habitants actuellement. Pour cette région urbaine, couvrant une quarantaine de communes en 1980, se fit sentir avec l'Expo 64 le besoin d'une coordination des pratiques communales dans des domaines stratégiques comme l'aménagement du territoire, les transports, voire la fourniture d'eau et d'énergie ou l'environnement. La réponse institutionnelle fut la création en 1967 de la Commission intercommunale d'urbanisme de la région lausannoise (CIURL). La CIURL, qui regroupait trente-six communes en 1975, eut pour principal actif l'établissement d'un plan directeur d'aménagement régional, sans pourtant parvenir à une organisation spatiale réellement opérationnelle. Cet échec amena sa dissolution en 1990 et son remplacement par une nouvelle structure de collaboration: la Communauté de la région lausannoise (COREL). La COREL comprend vingt-six communes, réparties en trois secteurs (Est, Nord, Ouest) à chacun desquels Lausanne participe. Ces communes sont réunies en association volontaire pour tenter de trouver des solutions régionales. Elles délèguent des représentants dans les différents groupes de travail ou commissions: - promotion économique: cette commission a mis sur pied un office régional de promotion économique, à disposition des entreprises et des communes;
- affaires sociales: formation et emploi de jeunes, petite enfance, toxicomanie;
- fluides et énergies, transport, bus-train-pyjama, aménagement du territoire, installations;
- sportives.
En outre, une commission étudie le financement de projets régionaux. En 2000, la COREL est devenue «Lausanne Région» pour les projets qui concernent la promotion économique et, depuis 2002, ce nom a remplacé celui de la COREL. Pour renforcer la politique des agglomérations ainsi que pour encourager les acteurs des agglomérations, la Confédération apporte un soutien technique et financier à la mise en œuvre de projets-modèles novateurs émanant des communes/villes et des cantons. Le projet pilote «agglomération lausannoise» fait partie des premiers projets modèles encouragés par la Confédération. Il a pour objectif de développer un projet novateur de collaboration au niveau de l'agglomération lausannoise. Les partenaires d'origine sont la Ville de Lausanne, Lausanne Région et le Canton de Vaud. Le projet d'agglomération est un instrument de planification permettant de coordonner les thèmes transversaux à l'intérieur d'une agglomération. Il s'appuie sur la collaboration horizontale (entre partenaires à l'intérieur de l'agglomération) et verticale (Confédération – canton – agglomération). Il vise ainsi à garantir la coordination des projets et de la mise en œuvre au sein des agglomérations. La participation financière de la Confédération à des projets d'infrastructures de transports d'agglomération est conditionnée à l'existence d'un projet d'agglomération qui coordonne planification des transports et de l'urbanisation et qui propose également un organisme unique chargé de la mise en œuvre de cette planification. Le projet d'agglomération Lausanne-Morges (PALM), en cours d'élaboration, s'inscrit dans ce contexte. Les partenaires du projet sont le Canton de Vaud, Lausanne Région, la Ville de Lausanne, l'association des communes de la région morgienne (ACRM) et la Ville de Morges. |