Des attractions foraines se trouvent aux alentours. C'est là que l'on embarque sur le «p'tit train» qui emmène enfants et autres visiteurs à la découverte de ce secteur. Baigné dans les loisirs et la détente, le secteur présente «le plus fameux des produits suisses: le tourisme». Pour s'en convaincre, des croisières emmènent les visiteurs découvrir le Riviera vaudoise. Les plus audacieux, mais aussi les plus riches (le billet coûte CHF 40.- !) partent dans les profondeurs du Léman (jusqu'à -300 m) avec le mésoscaphe Auguste-Piccard. La tour Spiral permet de découvrir l'expo à 83 m de hauteur. La nuit, l'ambiance change et le secteur prend une teinte rouge orangée qui ne disparait que tard dans la nuit. La vie s'organise autour des restaurants, pintes et autres dancing: un grand night-club est dressé sur l'eau tandis que les attractions foraines continuent de tourner.
La direction installe même un casino, non sans réticence, mais il est toujours difficile de se priver d'une source de recettes. Au moment où le projet de casino est rendu public, la contestation pointe: Fédération des églises protestantes, Conseils synodaux, Alliance nationale suisse des Unions chrétiennes féminines, Centre de liaison des associations féminines vaudoises dénoncent la présence d’une entreprise qui a ruiné des familles et qui porte atteinte aux principes d’une éducation morale que l’Expo est censée valoriser. Par ailleurs, on craint que l’autorisation soit maintenue après l’Expo au profit de Lausanne. |  | La Direction rétorque qu’elle ne voit pas pourquoi un casino pourrait choquer, alors que Berne ou Montreux offrent de tels lieux de divertissement. Elle relève aussi que les mises autorisées (5 francs) limitent fortement les risques de ruine et que l’entrée du casino est refusée aux mineurs.
Toutefois, elle admet implicitement le caractère peu moral de la roulette en soulignant que ce temple du jeu est en marge du circuit des visiteurs et vise surtout des touristes que le bon Suisse n’a pas à éduquer. Enfin, la direction ne voit pas de raison objective au fait que le casino susciterait plus de turpitudes que le principe non contesté de la loterie. Celle-ci est sans limite de mise, dotée de chances de gains supérieurs mais socialement admise parce que les profits sont redistribués au profit d’organismes de bienfaisance! De fait, un accord conclu avec les trois loteries suisses laisse espérer 7 millions de bénéfice, contre 600'000 francs sagement inscrits pour le jeu de la boule. Le comité d’organisation, appelé à arbitrer ce conflit, est partagé sur le maintien de cette attraction «inoffensive» et s’interroge sur la prise en compte d’une aversion populaire aux jeux de hasard, manifeste dès 1874 en votation mais que certains considèrent dépassée depuis le relèvement du plafond de la mise de 2 à 5 francs. Au vote, le comité d’organisation maintient sa demande d’exploitation. Toutefois, les quatre femmes du comité manifestent en bloc leur opposition, fait unique dans l’histoire du comité d’organisation. |