En 1962, malgré les accords passés, sous la pression des sociétés d'officiers et avec l'appui du conseiller fédéral vaudois Paul Chaudet, l'armée impose sa présence et rafle un espace réservé aux manifestations sportives. Pour faire admettre ce coup de force, l'armée s'engage à respecter la structure du programme en montrant «l'aptitude qu'a la Suisse à se défendre et les moyens sur lesquels elle peut compter» tandis que la Voie suisse maintient sa présentation de l'histoire de la volonté de défense.
Symbole d'une menace moins immédiate, la devise du secteur change légèrement mais significativement par rapport à la Landi de 1939. Le slogan «Nous savons nous défendre» message tourné vers l'étranger et qui veut gommer les doutes à l'orée de la Seconde guerre mondiale, laisse place à une mise en garde moins pressée par le temps: «Nous pouvons nous défendre». L'armée décide de construire par son propre contingent un cylindre, large et bas, hérissé de piquants: «cette masse symbolisera la résistance du pays à toute pénétration étrangère. |  | Pour exprimer le caractère dynamique de notre défense, un élément vertical, jaillissant, fera contrepoids à la lourdeur voulue du pavillon circulaire.»
«Par une série d'évocations de ce que pourrait être une guerre dans notre pays, le visiteur sera plongé dans une atmosphère pesante, qui contrastera, par la force des choses, avec la gaieté de l'ensemble de l'Exposition nationale. Ainsi averti, il pénétrera dans le corps central où l'attendra un double spectacle: de plain-pied, il se trouvera devant une vaste carte topographique de la Suisse, carte de laquelle se détacheront successivement, avec l'aide du son et de la lumière, les éléments de notre potentiel de défense [...] A l'étage supérieur, le visiteur assistera à un autre genre de spectacle, plus dramatique, puisque représentant l'engagement de nos troupes dans un combat de l'ère atomique; le réalisme sera avivé par l'emploi d'un nouveau procédé de prise de vues cinématographiques [tournage 70 mm].» |