
Historique de l'Agenda 21
Une prise de conscience mondialeAu lendemain de la Deuxième guerre mondiale, avec le mouvement de décolonisation est apparue la notion de droit au développement (économique) et c’est en 1964 que naît la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement ( CNUCED). A la fin des années 60, les questions liées à la protection de l'environnement arrivent progressivement sur le devant de la scène politique. Avec la Conférence mondiale sur l’environnement humain, organisée à Stockholm en 1972 sous l’égide de l’ONU, les questions écologiques entrent dans le droit international. Ayant réuni 113 nations afin d’élaborer un plan de lutte contre certains problèmes touchant à l'environnement, en particulier celui des pluies acides, la conférence aboutit à l’adoption de la Déclaration de Stockholm qui est suivie par la création du Programme des Nations Unies pour l’environnement ( PNUE). Mais c’est en 1983 qu’une prise de conscience des conséquences d'une croissance sans frein sur des ressources naturelles limitées a concrètement vu le jour. C’est en effet à cette date que l’Assemblée générale des Nations Unies décida de créer la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le but de dresser un état des lieux de ces questions. Cette commission – rebaptisée Commission Brundtland, du nom de sa présidente – a commandé 75 études spécialisées qui ont donné lieu à la publication d’un important rapport en 1987, intitulé Notre avenir à tous. Celui-ci introduit la notion de développement durable, défini comme étant un développement qui réponde «aux besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations à venir de satisfaire aux leurs.» Plus précisément, le développement durable «signifie la satisfaction des besoins élémentaires de tous et, pour chacun, la possibilité d’aspirer à une vie meilleure» et celui-ci n’est possible «que si la démographie et la croissance évoluent en harmonie avec le potentiel productif de l’écosystème». |
| Sommet de Rio | C'est surtout depuis la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED) – appelée aussi Sommet de la Terre – qui s’est tenue en 1992 à Rio de Janeiro, que la notion de développement durable s'est largement répandue. Cette conférence mondiale, la plus importante de tous les temps, avait pour but général de dresser le bilan de l’état de la planète. Marquée par une participation considérable, elle a débouché sur la rédaction de plusieurs documents majeurs. On retiendra en particulier l’adoption de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement qui a été suivie par la rédaction d’Action 21, sorte de plan directeur mondial pour le développement durable, qui a été signé par plus de 180 Etats, dont la Suisse. Ce document de plus de 250 pages, plus connu sous le nom d’Agenda 21, comprend quarante chapitres qui traitent des dimensions sociales et économiques du développement, de la conservation et de la gestion des ressources, du renforcement du rôle des principaux groupes de la société ainsi que des moyens d’exécution. |
|  | | Sommet de Johannesburg | En 2002, dix ans après la Conférence de Rio, le Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) a réuni à Johannesburg les représentants de 191 pays afin de faire le point sur la mise en œuvre de l’Agenda 21. Plus axée sur la mise en évidence des liens entre la pauvreté et l’état de l’environnement que les précédentes, cette conférence s’est articulée autour de cinq thématiques prioritaires : les problèmes d’accès à l’eau potable, d’énergie, des services sanitaires, d’agriculture et de préservation de la biodiversité. Ce sommet a conduit à l’adoption de deux documents principaux : la Déclaration de Johannesburg sur le développement durable et le Plan de mise en œuvre du SMDD, ce dernier n’étant, contrairement à la Déclaration, juridiquement pas contraignant pour les Etats signataires. |
|  | | Charte d'Aalborg | A l’occasion de la première Conférence européenne des villes durables, organisée à Aalborg (Danemark) en mai 1994, une Charte des villes européennes pour la durabilité (dite Charte d’Aalborg) a été rédigée. La Ville de Lausanne y a adhéré en 1998. La Charte d'Aalborg a été initialement signée par 80 autorités locales européennes et 253 représentants d'organisations internationales, de gouvernements nationaux, d'instituts scientifiques et de consultants. Ce document marque la reconnaissance du rôle prépondérant des villes dans le développement durable. C’est dans cette optique qu’a été conjointement mise en place la Campagne européenne des villes durables. Lancée par les 80 villes signataires, celle-ci compte aujourd’hui plus de 2'700 autorités locales et régionales, réparties dans 42 pays. Ce vaste réseau vise notamment à faciliter l’assistance mutuelle entre les villes européennes pour la conception et la mise en œuvre de politiques orientées vers la durabilité. Depuis la première conférence, plusieurs rencontres ont eu lieu afin d’assurer le suivi et la réelle mise en pratique de la Charte. En 2004, réunis à nouveau à Aalborg, près d'un millier de représentants de collectivités locales et d'associations ont adopté les "Engagements d'Aalborg". Ce document vise à traduire les principes de la Charte en buts tangibles en matière de durabilité et en action au niveau local. En mai 2010, c'est la ville de Dunkerque qui a accueilli le sommet des villes durables. |
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