Francophones, nous fondons notre identité sur une langue maternelle venue d'ailleurs, puisqu'elle dérive du latin introduit par les Romains. Quatre siècles d'appartenance à l'empire de Rome ont donc forgé le socle de notre culture. En adoptant le latin, les Gaulois, parmi lesquels les Helvètes, y ont introduit des termes celtes. C'est de leurs mots carrus et benna que dérivent nos chars et nos bagnoles. Ils nous ont aussi légué le bouleau, le chêne, le sapin, le chamois, le brochet, le tonneau, la crème, la lie et bien d'autres mots. Au Moyen Âge, les Germains, et parmi eux les Francs, ont considérablement enrichi le français (dont le nom même est germanique!). On leur doit le bois, le blanc, le bleu, le brun, le gris, le banc (et la banque), le fauteuil, le troupeau, la framboise… Des civilisations arabe et persane viennent des mots liés au commerce, aux arts et aux sciences: la douane, le sucre et l'orange, les épinards et le musc, la guitare et le luth, la jupe et le coton, le hasard, l'alambic, le chiffre, le zéro… Au Moyen Age toujours, les marchands des Flandres nous offrent le boulanger, le ramequin, le crabe, le ruban, le bouquin… A la Renaissance, l'italien apporte des termes militaires comme alarme, soldat, bombe ou brigand, et tout un vocabulaire de salon: appartement, piano, solfège, sérénade, gazette, veste, pantalon… La découverte des Amériques apporte son lot de nouveautés, avec la patate, la tomate, le chocolat, le maïs, le tabac, l'ouragan… Et ainsi de suite, jusqu'au tee-shirt américain et à l'anorak esquimau. En fin de parcours, on découvre que des choses très différentes s'avèrent apparentées par leur racine étymologique, comme vase et vaisseau, caillou et calcul, cuisse et coussin, joug et conjoints, muscle et Mickey Mouse… En résumé, Jeux de mots brosse le portrait d'un français bien vivant, enrichi d'apports variés. Dans nos dictionnaires, les mots d'ici et les mots d'ailleurs ont depuis longtemps appris à vivre ensemble. |