Il ne reste que très peu de choses de tout cela: dans le terrain, en général, seules des garnitures métalliques, des clous épars ou une coloration vaguement brune de la terre signalent un élément en bois à jamais disparu. Les extraordinaires découvertes présentées dans cette exposition n’en sont que plus précieuses: tonneaux, corbeilles, brosses, semelles, boîtes, bobines, statue et autres pièces en bois racontent le savoir-faire des artisans d’alors et de la vie quotidienne de leurs clients. Parmi ces objets, relevons les tablettes à écrire enduites de cire, où l’on écrivait à l’aide d’un stilet de bronze ou d’os, et qui servaient à la correspondance. C’est ce courrier envoyé il y a 2000 ans qui a donné son titre à l’exposition, car lorsqu’on lissait la surface de la cire pour en effacer le texte, on faisait tabula rasa. Aujourd’hui encore, le bois est aussi omniprésent qu’indispensable. A l’âge du béton, même la construction la plus moderne nécessite coffrages, planches et échafaudages; à l’ère du microprocesseur, même l’ordinateur le plus récent est vendu dans du carton, et facturé sur du papier. Des allumettes aux palettes CFF et des bouchons aux lattes de sommier, le bois est partout. On va jusqu’à l’imiter, en plastique ou en béton. Avec la globalisation, le bois constitue désormais un enjeu économique et écologique: pour fabriquer à bas prix nos balais ou nos plinthes, on décime les dernières forêts vierges. Une autre manière, plus inquiétante, de faire tabula rasa. Du passé au présent, à travers un exceptionnel ensemble d’objets gallo-romains puis quelques perspectives actuelles, promenons-nous dans le bois! Une exposition réalisée par les services archéologiques cantonaux de Thurgovie et de Zurich. |