Ces deux termes recouvrent un ensemble de techniques variées, utilisées autant pour la réalisation de portraits, de scènes de genre que de paysages idéalisés. Le Musée historique de Lausanne en conserve un certain nombre, allant de formats très petits à très grands, réalisés approximativement entre la fin du 18e et la fin du 19e siècles. Certains sont des découpages de feuilles de papier de couleurs diverses, noir, beige, blanc, que l'on colle ensuite sur un fond de contraste blanc, bleu ou encore noir, en papier ou en carton. Parfois ces feuilles sont encore piquées (gaufrage à la main) pour rendre les volumes ou encore pour distinguer les éléments du vêtement. De même, l'artiste a ajouté certaines fois des petits morceaux de papier de couleur pour figurer certains détails, tels que boutons, épaulettes, bouquet de fleurs, etc. Le sujet peut aussi être rendu non par le découpage, mais par un dessin à la plume et à l'encre de chine. Lorsque la personne représentée était célèbre, par exemple l'historien Edward Gibbon, la silhouette était dessinée, puis reproduite par le procédé lithographique, ce qui permettait une grande diffusion de ces portraits. Il en est de même des petites cartes de visite que s'échangeaient au 19e siècle les membres des sociétés d'étudiants, telles que Zofingue ou Belles-Lettres, en signe d'amitié. Ces cartes les représentent à mi-corps, avec la casquette et l'écharpe aux couleurs de leur société. Enfin, certaines silhouettes furent réalisées selon la technique de l'or gratté: une feuille d'or est appliquée sur une plaque (feuille de verre) et le motif est «gratté» sur cette surface d'or au moyen d'un stylet. Puis on applique, sur la zone dégagée, une couche colorée, par exemple noire ou rouge, pour faire ressortir le sujet. Il en résulte souvent des portraits et des scènes d’une belle qualité artistique. Du point de vue thématique, ces objets sont pour une large part des portraits de d’individus représentés de profil et en buste, voire parfois en pied, à l'extérieur ou en train d'écrire à leur bureau ou de jouer de la musique. Ils comportent, pour certains, une légende ou une dédicace ou encore un cadre décoratif dessiné à la main. Le portrait en silhouette était un procédé bon marché et il devint populaire en particulier pour les familles plus modestes, avant l'arrivée du portrait photographique. Les formats peuvent être très petits (2 x 3 cm), mais aussi très grands. En effet, trois têtes de profil dessinées à la plume, conservées au Musée, mesurent 58 x 35 cm. L'autre part des silhouettes a pour sujet des paysages bucoliques avec des chèvres, des moutons et leur pâtre jouant de la flûte ou coupant du bois, des scènes de chasse très animées, divers animaux (chiens, chats, chèvres, etc.) dans des positions variées (attaque, repos, affût, etc.), instantanés pleins d'humour et de vivacité. Si les scènes pastorales se rapprochent thématiquement du genre alpestre pratiqué dans le Pays-d'Enhaut, le style en est très éloigné, moins conventionnel. La très grande majorité de ces papiers découpés et de ces silhouettes a été réalisée par des amateurs plus ou moins habiles. Ainsi, le MHL possède deux portraits découpés par Georges-Hyde de Seigneux (1764-1846), aristocrate, officier et juge lausannois, qui pratiqua cet art avec talent. Il réalisa sur papier blanc des portraits, des scènes de genre et d'histoire, ainsi que des paysages. Enfin, à titre de documentation, le Musée conserve 23 reproductions photographiques anciennes de découpages réalisés par un grand artiste en ce domaine, Jean Huber, dit Huber-Voltaire, (1721-1786). Des originaux de ses «tableaux en découpures» et de ses profils de Voltaire sont présents dans différents musées. |  |  Edward Gibbon Triturant sa prise de
Tabac, selon un découpage fait par
Mme Brown en 1793, lithographie
19e siècle
 Anonyme, musicien au clavier
or gratté sur verre, fin du 18e siècle
 Georges-Hyde de Seigneux, portrait
de Antoine-Frédéric de Seigneux découpage, vers 1800
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