En 2005, la Fédération aéronautique internationale (FAI) fêtait ses cent ans. Née officiellement le 14 octobre 1905, elle fut fondée par sept pays européens, dont la Suisse, et les Etats-Unis. Basée à Paris depuis sa création, elle s’est établie à Lausanne en 1998. Ce choix fut motivé par la proximité du Comité International Olympique (CIO), proche conseiller de la fédération depuis le début, et par la gratuité du loyer, offert durant un an par la Ville de Lausanne.
La FAI représente dix disciplines sportives au total et homologue notamment les records. Pour l’occasion, la Blécherette accueillit une Fête de l’air les 26, 27 et 28 août, incluant une compétition internationale de voltige. Plus de 140 avions, de toutes époques, venant de toute l’Europe et parfois de plus loin furent réunis à cette occasion.
Le programme débuta le vendredi soir par une chorégraphie céleste sur le lac effectuée par le Breitling Jet Team, seule patrouille civile d’avions à réaction, et la Patrouille Suisse avec ses six F-5 «Tiger». Ce ballet de haute voltige sur fond musical fut un spectacle inédit en Suisse qui attira 20´000 personnes à Ouchy. Le meeting proprement dit fut somptueux, car il présentait l’élite de la voltige aérienne et des avions de légende exceptionnels, démontrant ainsi la vitalité des associations en charge du patrimoine aéronautique. Le 22e Grand Prix de voltige aérienne fut remporté par deux pilotes ex aequo, le Hongrois Peter Besenyei et le Lituanien Jurgis Kairys. En ce qui concerne les avions de légende, on en retiendra deux, la forteresse volante Boeing B-17 et le North American B-25 «Mitchell». Quant aux patrouilles, elles s’illustrèrent tant par les performances de la Patrouille suisse de PC-7 que de celles des Royal Falcons de Jordanie, une des plus impressionnantes du monde.
Le public ne s’y trompa pas, puisque près de 60´000 personnes vinrent admirer ce spectacle gratuit, de quoi satisfaire amplement le président du Comité d’organisation, Philippe Kamber. Ce dernier avouait tout de même sa fatigue, car il ne fallut pas moins de deux ans et 210 bénévoles pour monter la manifestation. D’autre part, les organisateurs doivent assumer de plus en plus de contraintes administratives; l’aviation légère et les avions de collection subissent une explosion des coûts d’assurance, ce qui pourrait à terme clouer les appareils au sol.