On retrouve ici les mêmes techniques que celles utilisées pour les portraits en miniature des collections du Musée historique de Lausanne. Parfois, c'est de l’aquarelle et de la gouache sur ivoire, parchemin ou papier. Dans d'autres cas, la peinture se révèle, au feu, dans la pâte même de l'émail. Parfois, ce sont des techniques plus originales, comme des paysages dont les traits sont composés avec des cheveux et complétés à l'aquarelle. S'y ajoute encore la sculpture de l'ivoire. Les peintures représentent souvent des paysages réels, comme l'ancienne cité lausannoise dans un écrin de nature, la ville de Genève avec sa baie, ou encore la vallée de l'Arve avec, en arrière-fond, le Mont-Blanc. D'autres sont des scènes de genres qui décrivent des bergers dans un paysage idyllique ou poétique, composé de ruines antiques et de végétation sauvage. Enfin, une micromosaïque, faite de minuscules pierres de couleurs, révèle une représentation du Panthéon romain et de sa place. Les oeuvres sculptées sur ivoire du musée sont certainement toutes de l'architecte néoclassique lausannois Alexandre Perregaux (1749-1808). L’artiste taille alors le matériau, afin d’obtenir un petit bas-relief ou assemble des fragments prétravaillés, qu’il dispose sur un fond contrastant, bleu ou gris. Il compose ainsi un paysage, fréquemment animé de personnages. Cette production locale offre une variante à une pratique artistique présente, à la même époque, en quelques régions d'Europe, par exemple à Dieppe, sur la Manche française. Là, s’y développait une thématique principalement maritime. La sculpture sur ivoire ne fut cependant pas très répandue. Ainsi, le cas lausannois est vraisemblablement unique en Suisse et l’on ignore quelles furent les sources d’inspiration de Perregaux. Les quelques œuvres en émail qui nous appartiennent sont de petits paysages, facilement attribuables à l'école genevoise ou des scènes de genre montées sur des objets intimes, selon une même tradition que celle utilisée dans l'émaillerie au service de l'horlogerie. |  |  Anonyme, Pont sur l'Arve et
Mont-Blanc, émail sur cuivre
début du 19e siècle
 Anonyme, étui à cartes de visites en
ivoire orné d'un paysage aquarellé sur
papier, vers 1800 |