Le musée conserve et présente une exceptionnelle collection d’argenterie lausannoise. Des orfèvres ont travaillé dans la ville dès le début du 13e siècle. Chaque siècle a laissé les noms de plusieurs maîtres. Mais c’est surtout au 18e siècle que se développent l’orfèvrerie et la bijouterie locales, renouvelées par l’apport des réfugiés français après la Révocation de l’Edit de Nantes. D’abord peu nombreux, ils augmentent sensiblement dans la seconde moitié du siècle. Certains d’entre eux s’associent mettant en commun leur savoir-faire et leurs ressources économiques. Une collaboration célèbre est celle d’Elie Papus et Pierre-Henry Dautun dont les oeuvres sont largement répandues. Après les troubles de la Révolution française, l’argenterie trouve un nouvel essor au début du 19e siècle alors que plusieurs bons orfèvres avaient assuré la continuité. Ce sont les frères Marc et Charles Gély, revenus de Paris en 1813, qui sont à l’origine de ce renouveau. Mais l’argenterie lausannoise du 19e siècle ne se réduit pas à ces deux noms. D’autres orfèvres réalisent également de belles pièces. Avec Gustave Hofer, qui reprend vers 1840 l’atelier des Gély, la production lausannoise diminue et perd son éclat. A l'occasion de la publication d'un ouvrage richement illustré - somme des recherches conduites par Christian Hörack, historien de l'art, pour son doctorat à l'Université de Lausanne - le musée a réalisé une grande exposition centrée sur les modèles qui ont inspiré les orfèvres: français jusque dans les années 1770 où la mode anglaise marque dès lors fortement la production lausannoise, elle-même supplantée au début du 19e siècle par des pièces de style Empire. |