
Les bons plans de Jean-Stéphane Bron |

|  | A l’approche de la quarantaine, Jean-Stéphane Bron fait partie des cinéastes suisses reconnus. Son chef-d’œuvre documentaire «Mais im Bundeshuus – le génie helvétique» a fait un triomphe (plus de 100'000 entrées) et lui a valu le Prix du cinéma suisse 2004. Il a un talent sans pareil pour raconter des histoires simples avec autant d’ironie que de bienveillance. En 2006, pour la première fois, il achève un film de fiction, «Mon frère se marie». Fiction? Pas entièrement, il y a quelque chose d’autobiographique dans cette histoire-là. |
«La colline du Languedoc c’est mon «Little Montmartre».
On y trouve une vigne en pleine ville, quatre bancs d’où l’on admire le plus beau coucher de soleil du monde.» |
|  | Pour vous, Lausanne c’est A 14 ans, habitant Romanel, je prenais le LEB jusqu’à l’arrêt Prilly-Union pour aller au collège. Lausanne, en bout de ligne, me semblait une ville de perdition. J’en ai fait connaissance à 16 ans, à vélomoteur, à travers les salons de jeux, les grandes surfaces et les magasins de disques. Puis, à 18 ans, par les Faux-Nez, le Caveau de l’Hôtel de Ville. J’ai successivement habité la Palud, la Barre, le Simplon, Bellevaux, le Maupas, l’avenue de France et à côté du parc de Milan. Aujourd’hui, je vis à la rue de l’Ale, un quartier qui se stratifie en couches et sous-couches: on y trouve aussi bien le dealer en trottinette que le petit vieux à pas de saucisse, Francioli et Nunuss à pas de sénateur, les mamans pressés avec leur landau et les bobos qui font leur marché le samedis matin. Oui, je suis amoureux de Lausanne
|
|  | Vos flâneries
Les balades de Cingria. Même si le paysage urbain a changé, Lausanne est tissée de chemins qui donnent l’impression d’être à la campagne. C’est une ville où tu peux flâner comme dans un labyrinthe, tourner en rond par hauts et par bas. J’aime les ponts qui relient les espaces. La place du Nord. C’est le denier quartier de Lausanne où l’on voit encore du linge suspendu aux fenêtres. On se croirait quelque part sur les hauts de Gênes. Dorigny. J’y vais pour la course à pied. J’adore ce côté campus américain. Autrefois, nous allions souvent au parc Bourget pour les grillades. Je me souviens que les communautés étrangères y rivalisaient par musiques ethniques interposées. La colline du Languedoc. C’est mon «Little Montmartre». On y trouve une vigne en pleine ville, quatre bancs d’où l’on admire le plus beau coucher de soleil du monde. Les gens de Montelly y viennent avec les landaus.
|
|  | Vos repères L’Orchidée, à la rue de l’Ale. Le patron est un Vietnamien à l’accent vaudois. C’est ouvert sept jours sur sept et on peut y manger jusqu’à 23 heures. Le personnel est adorable même quand il peine à comprendre le français. L’ambiance est familiale et les joueurs de cartes sont bienvenus. Ce bistrot incarne la mixité totale de la rue. La guinguette de la place du Nord. C’est l’ex-restaurant du Funiculaire. Il est tout en bois. On y sert une excellente cuisine vietnamienne. C’est un lieu interlope dans le bon sens du terme. Le quartier de l’Ale encore. Pour le marché mercredi et samedi, pour les poulets d’Elikan, les fromages de Duttweiler, le café à la Cave du Cygne ou à l’Odéon où on trouve tous les journaux, un verre de vin au Chiringuito le samedi matin. Da Carlo. J’y vais souvent parce que le patron est marrant et que j’adore le paillard de veau aux épinards. Le Château-Sec. Un endroit peu connu, à Pully mais à la limite de Lausanne, sur la Vuachère. Il y a un joli jardin secret. Le Wine Bar du Beau-Rivage. Un bel endroit où je m’arrête volontiers quand je rentre d’un périple à vélo Corniche-Chexbres-Grandvaux et retour par Chailly. Le Romandie. C’est resté l’esprit de la Dolce Vita que j’ai beaucoup fréquentée par le passé. |
 |
|
|