Henri Ier de Bourgogne, évêque de 985 à 1018, décida, après la construction de la cathédrale romane, d’établir la résidence épiscopale au sud-ouest de la Cité. Une résidence dont les principales transformations et agrandissements ont eu lieu sous les épiscopats de Guy de Prangins (1375-1394), Guillaume de Menthonay (1394-1406) et Guillaume de Challant (1406-1431). De 1472 à 1476, Giuliano della Rovere, le futur pape Jules II, occupe le siège épiscopal lausannois… sans jamais y résider. A la Réforme (1536), alors que le dernier évêque de Lausanne, Sébastien de Montfalcon, quitte la ville, le Palais épiscopal devient propriété communale et est successivement utilisé comme prison, tribunal et école. Et le 27 décembre 1918, sont inaugurées les premières salles du Musée, d’abord appelé Musée du Vieux-Lausanne, puis Musée de l’Evêché, Musée historique de l’Ancien-Evêché et Musée historique de Lausanne depuis 1989, date de sa dernière transformation. A l’origine de la création du MHL, le peintre Charles Vuillermet (1849-1918) fut le grand défenseur du patrimoine lausannois. Dans la 2e moitié du 19e siècle, le développement économique et la nécessité de tracer de nouveaux réseaux de communications dans une ville à la topographie accidentée mettent en effet en péril de nombreux monuments du Moyen Age. Les fortifications sont détruites, l’église Saint-François, la Tour de l’Ale, l’Ancien Evêché sont menacés: Vuillermet convainc la Municipalité de fonder (1898) la Commission du Vieux-Lausanne, chargée de récolter les témoins matériels de l’histoire de la ville, d’en documenter les transformations urbaines, de faire procéder à des fouilles archéologiques. Très vite, l’idée de la création d’un musée historique s’imposera. Il s’ouvre l’année de la mort de Vuillermet : peintures, estampes, photographies et objets sont présentés dans une quinzaine de salles. Toujours active, la Commission, devenue Association Mémoire de Lausanne n’a cessé de contribuer depuis plus d’un siècle à l’enrichissement des collections du MHL. |  |  La place de la Palud, attribué à Charles
Alexandre Morgenthaler, aquarelle et
mine de plomb, vers 1827
 Autoportrait de Charles Vuillermet,
huile sur bois, 1896 |