Icône intouchable de son sport, il dépasse même largement les frontières de celui-ci. Escorté comme un chef d’état, Roger Federer est l’ambassadeur numéro un de la croix blanche. Malgré ses origines bâloises, l’esthète de la raquette a connu le Centre National d’Ecublens durant trois ans et il garde un profond attachement pour la Ville de Lausanne.
Réussir à obtenir cinq minutes en tête à tête avec Roger Federer, c’est un peu comme revenir de Jérusalem avec le Saint Graal. Mais une fois devant le maître du tamis, la simplicité et l’humilité du champion renforcent encore davantage la certitude que le Bâlois fait partie des grands de ce monde. Ce que l’accumulation de titres du Grand Chelem et la banalité des exploits tend à faire oublier, c’est que Federer a commencé sa carrière tennistique dans le Canton de Vaud et plus précisément au Centre National d’Ecublens. Lorsqu’il débarque dans la banlieue lausannoise, le jeune Roger vient à peine de souffler ses quatorze bougies. Les autres jeunes du centre et les amateurs de tennis se souviennent de ce garçon dont on a tout de suite détecté un talent d’exception. Et quand au début du mois de juillet 2003, le garçon devenu homme soulève pour la première fois le trophée de Wimbledon, ces mêmes gens ont sans doute arboré un petit rictus en se disant que le gamin avait finalement réalisé son rêve.
«Sans offenser les autres villes où nous avons disputé des rencontres, il y a un petit truc spécial à Malley.»
Réminiscences lausannoises
«Ce n’était franchement pas évident de devoir faire son sac le dimanche pour revenir à Lausanne, mais je ne regrette absolument pas cette époque. Mes souvenirs de Lausanne ne sont pas légion, car je ne sortais pas beaucoup. Les week-ends je rentrais à Bâle ce qui fait que je ne peux pas citer un endroit particulier de la ville où j’aimais me rendre. Et puis j’étais quand même assez jeune, donc les sorties à 14-15 ans ce n’était pas encore ça. En plus, vu l’état de fatigue qui était le mien à la fin de la journée, je n’avais envie que de mon lit. Mais cette période fut bénéfique pour ma carrière, car c’est à ce moment-là que j’ai commencé à voyager et que j’ai vraiment mûri. Je dirais que Lausanne a longtemps été pour moi une belle ville au bord d’un lac.».
Malley, terre d’exception
«On sent tout de suite l’engouement qui règne autour de la ville au moment où il y a une manifestation sportive. On connaît tous l’euphorie générée par le Lausanne HC à Malley, il y a vraiment un public fantastique qui aime se déplacer pour soutenir son équipe. Dommage que le Lausanne-Sport ait autant de peine à retrouver la première division, mais on sent immédiatement que Lausanne est une ville sportive. Si c’est comme à Bâle avec le foot? Oui, on peut comparer les deux ambiances. Mais lorsqu’il y a le tennis, Lausanne devient vraiment incroyable. L’énergie qu’il y avait lors de notre passage en 2004 à Malley était impressionnante. C’était au mois d’avril, j’arrivais là en tant que tout nouveau numéro un mondial et nous avions joué contre la France. Malgré la défaite, ce souvenir demeure gravé dans ma mémoire en raison de la ferveur du public. Je peux dire que ce fut l’un des meilleurs publics devant lequel j’ai joué et la meilleure ambiance de Coupe Davis. Sans offenser les autres villes où nous avons disputé des rencontres, il y a un petit truc spécial à Malley.».