
Les bons plans de Pierre Corajoud
| Pierre Corajoud devant le plus bel arbre de Lausanne. Parc de l’Hermitage, le 19.11.2008 © LV / Johann Besse. |
|  | Au risque de doubler un anglicisme d’un néologisme, on dira que plus qu’un globe-trotter Pierre Corajoud est un city-trotter. Il aura fallu que ce natif de Lyon (en 1969) débarque avec ses parents à Lausanne à l’âge de 5 ans pour que les Lausannois découvrent avec plaisir les arcanes de leur cité toute de verdure, de vallons, de collines et d’escaliers. A bientôt 40 ans, Pierre Corajoud s’est taillé une solide réputation d’«aventurier du proche». Et comme ce butineur de lieux a consigné ses explorations pédestres en onze petits ouvrages de poche, on n’hésitera pas à rebaptiser la collection «Les rêveries d’un promeneur salutaire». Ses pas et ses mots lui ont valu d’être le lauréat du Prix de l’Eveil 2008, doté de 20'000 francs, attribué en octobre par la Fondation vaudoise pour la culture.
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| «Je suggère à tout un chacun d’oublier le côté fonctionnel de l’existence et de se dire: je sors de chez moi pour 5 minutes, une heure, la journée. Cela ne coûte rien, c’est accessible à tout le monde en toute saison.» |
|  | Pour vous, Lausanne c’est Une ville étonnante, parce qu’on peut y entrer à pied en n’empruntant que des zones à haute densité végétale. Par exemple, pour se rendre à La Cité depuis le nord, on passe d’abord par le Flon, la forêt de Sauvabelin, puis la Campagne de l’Hermitage. Au classement des villes vertes, Lausanne est la deuxième de Suisse après Winterthour. Il y a de la verdure dans tous les quartiers. La ville foisonne de lieux sans nom et de petits espaces verts que je voudrais réhabiliter.
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|  | Vos flâneries Au petit bonheur la chance C’est difficile à dire, puisque je suis un flâneur semi-professionnel. Je suggère à tout un chacun d’oublier le côté fonctionnel de l’existence et de se dire: je sors de chez moi pour 5 minutes, une heure, la journée. Cela ne coûte rien, c’est accessible à tout le monde en toute saison – encore que je préfère l’hiver, car c’est la saison la plus calme. Le Far-West lausannois Goûtez à l’Ouest lausannois et traversez-le du nord au sud, de la Campagne du Désert au Square d’Echallens et à la Promenade des Molasses. C’est une partie de la ville dont on tend à ne voir que les nuisances, alors qu’elle recèle des merveilles. La Campagne de l’Hermitage Si je ne devais retenir qu’un lieu, ce serait celui-là avec son jeu subtil entre intériorité et extériorité. Les Bugnion, propriétaires historiques des lieux, y ont planté des arbres en laissant juste ce qu’il fallait de trouées sur la Cité. C’est là qu’on salue le plus bel arbre de Lausanne, un hêtre pleureur, et un magnifique jardin à l’anglaise. Derrière la propriété s’étendent un jardin potager et une vraie campagne fauchée deux fois l’an. Comme l’endroit est hors des circuits fonctionnels, il est peu fréquenté.
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|  | Vos repères Le Bar-Tabac Il y a peu de bistrots parmi mes repères parce que je suis souvent en chemin. Mais j’aime ce lieu parce que la notion de temps s’y évanouit. Il est fait de mobilier de récupération, on y trouve toute la presse, le personnel est sympa et l’ambiance décontractée. La boulangerie Grin, au 66 de l’avenue du Valentin Pour moi qui habite Sous-Gare, ça vaut la peine de faire le détour rien que pour acheter leur pain au levain-chef à l’ancienne. Le pêcheur d’Ouchy Là, ce n’est pas tant un lieu qu’un homme: Serge Guidoux, le pêcheur d’Ouchy. Parmi mes balades, une étape chez lui s’impose; on a fait beaucoup de balades du goût ensemble. Sa féra fumée à froid et à chaud est un régal. La Bavaria, la Bossette L’honnêteté commande de les mettre à l’imparfait: j’aimais bien y boire une bière autrefois; mais avec ma fille de 3 ans et demi, je fréquente moins ces lieux. |
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