Son diplôme en poche, Perpétue embrasse la profession de journaliste, qu’elle exerce à la radio-télévision nationale du Burundi. Parallèlement, elle s’engage activement dans de nombreuses institutions: Conseil national de la communication, Commission nationale du Burundi pour l’UNESCO, Commission constitutionnelle, Commission électorale nationale. Liberté d’expression, droits de l’enfant, droits des minorités, droits de la femme sont autant de causes que Perpétue défend avec énergie. Sa vie bascule Mais sa vie bascule lorsque le président du Burundi Melchior Ndadaye est assassiné en octobre 1993, quelques semaines après son élection démocratique. Alors représentante de son pays auprès des Nations Unies à Genève, elle dépose sa demande d’asile politique, qu’elle obtient deux ans plus tard. Lausanne est sa terre d’accueil. Si son espace de vie n’est plus son pays d’origine, son énergie et sa détermination à aider autrui demeurent identiques. Très vite elle créera, avec d’autres femmes, l’association Hoza, dont le but est de soutenir les jeunes Burundais, orphelins ou exilés, soit au Burundi, soit dans les pays limitrophes. «C’est ainsi que, chaque année, nous avons assuré les frais de scolarité de soixante-cinq à septante élèves, dans l’espoir de les tirer de la rue et nous y sommes parvenus», témoigne Perpétue. Raconter son pays Sa volonté d’agir, son engagement, Perpétue les met également au service de nombreuses autres institutions, que ce soit l’Entraide Protestante Suisse (EPER) en tant que sa représentante lors d’auditions de requérants d’asile, le Forum des étrangères et étrangers de Lausanne (FEEL) et la Commission tripartite pour l’intégration des immigrés (CTI) ou d’autres associations encore. L’intégration, Perpétue la vit ainsi, en donnant de son temps et de ses compétences – qu’elle complète sans cesse par des formations – à celles et ceux que la vie bouscule. De son premier métier de journaliste, elle a conservé ce besoin de dire, de raconter… son pays, son histoire, ses compatriotes. Les Editions de l’Aire à Vevey accueilleront son livre Lettre à Isidore (2004), où elle retrace sa vie après l’assassinat de son père en 1965. Sa manière à elle de laisser une trace. Pour ses enfants. Pour les enfants du Burundi. Avril 2009
Corinne Chuard, BLI |