Multiple championne suisse de plongeon, Caroline Français a dû cesser la compétition en novembre 2002 après un méchant accident de scooter qui lui a cassé le fémur. Malgré ce coup dur, la jeune femme n’a jamais tourné le dos au sport.
Caroline Français a vécu une descente aux enfers. Tout a commencé au mois de novembre 2002 lorsqu’un automobiliste renverse un scooter avec à son bord le jeune espoir du plongeon lausannois. Le diagnostic tombe: fracture du fémur. Alors en pleine ascension, l’aînée de la fratrie Français doit observer une pause d’un an: «Je venais de décrocher le titre de vice-championne d’Ukraine et mon entraîneur, Ruslan Maliev, souhaitait me voir aller aux J.O. d’Athènes. Et au vu de mes performances, je savais que ce n’était pas utopique. Mais après la blessure, j’ai vite déchanté.» Un grand regret pour la Lausannoise qui se souvient pourtant de cette période sans aucun fatalisme: «C’est à ce moment-là que j’ai commencé mes études à l’université. C’était d’ailleurs assez difficile, puisque je ne pouvais pratiquement pas plier ma jambe et que je n’avais presque plus de muscles. J’ai bien essayé de reprendre le plongeon, mais je n’ai pas senti le soutien de la fédération.»
«Ce qui rend Lausanne si spécial, c’est cette proximité incroyable entre le lac et la montagne. On peut aller skier facilement, on peut aller se promener au bord du lac, nous avons vraiment de la chance. »
Un besoin d’eau
Sport plutôt confidentiel, le plongeon ne ressemble pas au sport rêvé par toutes les jeunes filles: «Ma mère n’a jamais pratiqué de sports artistiques et mon père n’aime pas l’eau. Dans la famille, c’était plutôt vélo, ski et marche. Autant d’activités normales lorsque l’on passe plusieurs week-ends par an aux Diablerets. J’ai toujours aimé bouger. J’ai regardé la gymnastique, mais je trouvais un peu mou alors je me suis dirigée vers la gymnastique artistique. J’en ai fait jusqu’à 14 ans. C’est là que j’ai démarré le plongeon.» Pur produit lausannois, la jeune femme dispense aujourd’hui des cours aux Bergières. Dans sa ville qu’elle adore. «Ce qui rend Lausanne si spécial, c’est cette proximité incroyable entre le lac et la montagne. On peut aller skier facilement, on peut aller se promener au bord du lac, nous avons vraiment de la chance. Je me rends compte que j’ai impérativement besoin d’un point d’eau.»
Parfait pour s’entretenir
Partisane d’Ouchy, Caroline Français fait de la capitale vaudoise la ville parfaite pour s’entretenir: «Une fois au bord du lac on a l’impression d’être en vacances. Si l’on prend des capitales européennes comme Madrid ou Paris, c’est assez difficile de pouvoir faire du sport à l’air libre sans avoir besoin de traverser la ville.» Lorsqu’elle n’officie pas devant un tableau noir, la jeune femme de 25 ans donne des cours d’aérobic au sein d’une association lausannoise: «Trois fois par semaine, dont une fois à des adultes. J’aime beaucoup cette activité, parce que ce n’est pas comme au fitness où tout le monde s’observe.» Plutôt casanière, Caroline Français apprécie le Java: «Ou le Pur au Flon avant ou après le cinéma. Sinon je ne sors pas tellement. Mes frères me rétorquent d’ailleurs que je suis débile.» Et si c’était tout simplement de la maturité?