Fondatrice de Fair Play, la plus grande association de handicap mental en Suisse romande, Maryrose Monnier cultive la patience et l’humanisme. Ancienne hippie, cette Lausannoise de 64 ans aime faire bouger les choses.
Au premier regard, Maryrose Monnier étonne. Intrigue. L’œil rieur, le ton péremptoire, elle sait où elle va. A 64 ans, Maryrose Monnier a ce que l’on aime appeler l’expérience. Une expérience construite loin de Lausanne et qui trouve ses racines en 1963. C’est là qu’elle décide de partir voir le monde. Un tour du monde plus exactement. Quatre ans durant. Avant cela, Maryrose Monnier avait suivi la filière éducative normale. Quant au sport, il était déjà présent. «Le Stade de Lausanne m’a recruté lorsque j’avais dix ou douze ans, se remémore-t-elle. On devait se faire des allers-retours Denantou-Coubertin. Ca ne me plaisait pas beaucoup, je préférais regarder les canards. Ils ont fini par me mettre dehors.»
Pendant quinze ans, Maryrose Monnier emmagasine des souvenirs au Brésil, aux Philippines ou aux Galapagos. «Je me suis chaque fois arrangée pour travailler à la préservation de la nature, ajoute-t-elle avec le sourire. J’avais l’impression d’être parfois une pionnière.»
«[Lausanne] est une ville parfaite pour le sport (...). On peut féliciter le Service des Sports de la ville qui abat énormément de boulot.»
Passion sous l’eau
Le retour à la vie helvétique à la toute fin des années septante lui procure un choc: «Mais après quelques temps, je me suis aperçue que la ville avait envie de sortir de l’immobilisme habituel. C’est à ce moment-là que j’ai repris des études de thérapeute corporelle.» Passionnée jusqu’au bout de ses longs cheveux, Maryrose Monnier évoque également son admiration sincère pour les requins: «J’adore la plongée. Mais attention, pas des plongées baignoire, la vraie plongée en profondeur. Ces plongées me ressourcent et c’est cela qui me permet d’être authentique avec les personnes handicapées.»
Le handicap et l’intégration des handicapés: le cheval de bataille de cette Lausannoise: «Je ne suis pas monitrice d’un sport, mais j’ai observé les personnes handicapées évoluer. Des personnes qui ne peuvent que trop rarement exprimer leurs compétences, parce que cela demande énormément de temps. Je peux vous citer l’exemple d’une jeune fille qui a mis cinq ans à jouer au tennis de table.»
Une ville parfaite pour le sport
Le petit club d’il y a vingt ans s’est changé en un ensemble de quatorze clubs avec de nombreux sports: «Avec une collègue, on s’est battues pour avoir des salles bénéficiant d’un accès pour les handicapés et ainsi favoriser l’autonomie de ces personnes. J’aimerais d’ailleurs bien qu’il y ait une relève et que nous puissions leur transmettre ce vécu.»
Et lorsque l’on demande à Maryrose Monnier ce qu’elle pense de sa ville de Lausanne, elle n’hésite pas à être dithyrambique: «C’est une ville parfaite pour le sport. Je me souviens du temps où je suis revenue de mon périple, je trouvais la ville ennuyeuse et frileuse. Aujourd’hui, c’est bien différent. On peut féliciter le Service des Sports de la ville qui abat énormément de boulot.» Puis quand vient le moment de décompresser, Maryrose Monnier s’empresse d’aller au Kahuna Bar: «Parce que je peux aller rêver. Et espérer voir bientôt construite cette fameuse piscine olympique.»