LA DENSITÉ URBAINE OU LA VILLE DE DEMAIN
Ce que l’histoire nous apprend
Trouver de la place pour tous demande que le sol, ou plus précisément la place dévolue au bâti soit gérée de façon rationnelle, économique et intelligente. Depuis la généralisation des transports publics et individuels, on peut accéder à la ville, profiter de ses attraits sans pour autant y habiter.  Ecoquartier de Hammarby à Stokholm
Au XXe siècle, le développement de la motorisation a détruit la notion de proximité: on peut dès lors profiter de la ville sans y résider, au prix souvent de conséquences négatives: la dissémination des activités, l’étalement urbain qui entraîne une détérioration du paysage urbain et l’éparpillement d’habitations dans des zones rurales de manière souvent incontrôlée. Enfin il en résulte une destruction des aires naturelles ou agricoles et des risques accrus de pollution. La densité urbaine
pour construire une ville à visage humain
C’est le choix des autorités lausannoises d’aller vers la densification, et de lutter contre l’étalement urbain. Un choix qui peut faire peur aux habitants qui craignent de perdre leur intimité, de devoir vivre les uns sur les autres. C’est pour cela que la densification doit être à même de ménager des espaces de qualité et de préserver les espaces privatifs des gens, en économisant de la place et en s’articulant autour de transports publics performants. Les villes anciennes étaient construites ainsi, loin du modèle des cités des années 70, où la densité consistait alors à construire des bâtiments élevées sans espaces verts et où régnait une promiscuité malsaine.
Faire «de la ville en ville»La densité est une sorte de continuité urbaine: en organisant l’espace on peut générer dans les quartiers des rapports plus conviviaux. Il s’agit donc actuellement d’éviter l’urbanisation anarchique de notre territoire. Les urbanistes d’aujourd’hui sont tous conscients de ses dangers et ils savent que, pour l’éviter, il s’agit de construire dans les zones déjà urbaines, ce qui permet de protéger les zones «vertes» en périphérie des villes. Cela s’appelle «construire la ville en ville». Si les traditionnels centres-villes sont presque toujours de forte densité, ils n’en restent pas moins agréables à vivre et esthétiquement plaisants.
La ville de demain est une ville durableLe programme Métamorphose met au cœur de ses ambitions le bien-être des habitants de Lausanne, en leur proposant une ville moderne de qualité. Le futur écoquartier des Plaines-du-Loup prévoit des habitations avec des espaces verts. Le but est d’y créer des activités humaines. La ville est, qu’on le veuille ou non,
le lieu naturel de l’homme d’aujourd’hui
Une ville dense peut accueillir plus de monde, ses habitants pourront bénéficier de transports publics performants, cela fait partie de ce grand projet. L’écoquartier accueillera des familles, des infrastructures comme les écoles, les magasins, etc., mais il permettra également de protéger notre patrimoine naturel. En construisant en ville on préserve la campagne, c’est en cela aussi que l’on fait de la ville durable, au-delà des aspects proprement environnementaux, comme la préservation du sol, de la biodiversité, l’utilisation de matériaux locaux et durables et une gestion équilibrée de l’eau, entre autres, qui seront bien évidemment également pris en compte. Un défi pour la ville et un atout pour ses habitantsDurant la décennie à venir, il s’agira de construire ce projet, de continuer à le penser, en s’appuyant sur la définition des programmes, sur le lancement de concours d’architecture, la réalisation d’équipements ou encore la mise en place de services publics. Ce programme est une chance, c’est une responsabilité et c’est un défi, celui de construire aujourd’hui la ville où demain nos enfants seront bien. Newsletter 10 publiée le 26 janvier 2010 |