A 67 ans, Gérard Dubi demeure le monsieur hockey à Lausanne. Durant ses vingt ans de carrière, cet élégant patineur, membre de la célèbre GDF avec ses potes Gratton et Friedrich, n’a jamais tiré la couverture à lui.
Dans les combles de la patinoire de Malley, trois maillots se disputent un petit coin d’éternité. Parmi ces trois «immortels», il y a bien entendu le numéro 10 de Gérard Dubi. Hormis une saison à Genève, le Lausannois a passé vingt ans sur la glace de Montchoisi. A cette époque, le club naviguait déjà entre la LNA et la LNB. Avec une préférence pour la petite ligue, puisque Gérard Dubi y a passé douze ans. «Aujourd’hui encore, dit-il, les objectifs n’ont pas changé: il faut monter en LNA. L’attente est immense, mais c’est une attente motivante lorsque l’on est joueur.»
Sans véritablement parvenir à l’expliquer, Gérard Dubi salue la ferveur du supporter lausannois: «Le Lausannois est concerné par le sport et le LHC a la chance de pouvoir compter sur un public fantastique qui connaît et apprécie le jeu. Ce qui est certain, c’est qu’il y a de quoi faire quelque chose de bien ici.»
«Le Lausannois est concerné par le sport (...). Ce qui est certain, c’est qu’il y a de quoi faire quelque chose de bien ici.»
36 fois international
Lorsqu’il débute au LHC à dix-huit ans, Gérard Dubi n’a pas le temps de choper la grosse tête. Consciencieux, il aide son père à la menuiserie et assume une vie professionnelle pas franchement en accord avec celle de sportif d’élite. «On rentrait parfois d’un match à une heure du matin et il fallait être au boulot à sept heures, se souvient-il. Forcément que dans ces cas-là, on garde plus facilement les pieds sur terre parce que l’on n’a pas le temps de gamberger.»
Vedette de Montchoisi, le Lausannois compte 36 sélections en équipe nationale et une participation aux Jeux de Sapporo en 1972 et aux Mondiaux de Prague cette même année. «Que de bons souvenirs! On jouait avec la structure de La Chaux-de-Fonds et il y avait une excellente ambiance. Même lors d’une fameuse raclée 16-1 contre les Tchèques. J’avais inscrit le but de l’honneur, mais on est sorti de la glace avec le sentiment de ne pas pratiquer le même sport.»
Les Dubinettes
Toujours disponible et plein d’empathie, Gérard Dubi a mérité sa place au panthéon du hockey lausannois. Il y a quelques années, suivant une tradition nord-américaine, son maillot a été hissé au plafond de la patinoire de Malley. Un geste fort de la part du club qui a touché Gérard Dubi tout en le mettant quelque peu mal à l’aise: «J’étais gêné. Je ne comprenais pas pourquoi il n’y avait que moi. Il aurait fallu mettre la ligne complète parce qu’on travaillait en équipe. Mais bon, c’était également une marque de fidélité au LHC. Ce que je peux dire, c’est que mon père était bien plus ému que moi. J’avais demandé à mon père et à mon fils de venir, eh bien c’était mon père qui était le plus fier.» Un père disparu aujourd’hui, mais qui a toujours œuvré auprès de son fils: «Il nous amenait en voiture, s’occupait de la pharmacie et se tenait toujours près de la porte.»
Créateur il y a 29 ans des Dubinettes, le Lausannois a toujours souhaité associer les autres dans son entreprise. «Pour moi les Dubinettes c’est l’occasion de venir le samedi matin à la patinoire avec femme et enfants. Le but c’est d’être ensemble.» L’esprit d’équipe. Partout. Toujours.