Grâce à la générosité du Consul honoraire de la Fédération de Russie à Lausanne, les collections du Musée historique de Lausanne se sont enrichies, au printemps 2010, d’une pièce extraordinaire, témoignage des liens étroits que la famille russe de Rumine noua avec sa ville d’adoption. La montre de poche de Gabriel de Rumine entre dans les collections du musée historique. Le 18 juin 1871 Gabriel de Rumine, 30 ans, est à Bucarest. Atteint de fièvre typhoïde, il remet peu avant de mourir sa montre de poche au banquier François Clavel, père de son ami Auguste. Il lègue en outre à Lausanne la somme considérable de 1,5 millions de francs pour la construction d’un édifice «d’utilité publique». Trente-cinq ans plus tard, le Palais de Rumine est inauguré sur la Place de la Riponne. La montre léguée par Gabriel à Auguste Clavel avait été manufacturée par César Vacheron à Genève en 1866 ou 1867. Elle porte sur son couvercle le monogramme de Gabriel de Rumine. Elle est munie d’un sceau à cacheter à deux faces attaché à une chaîne en vermeil, qui permet d’apposer par cachet les armoiries de Rumine ou le monogramme du jeune homme.Le mécanisme de cette montre de poche, unique, permet la sonnerie de tous les quarts d’heure.
Gabriel en est devenu le propriétaire en 1868, trois ans avant sa mort. Cent quarante-deux ans plus tard, c’est à la générosité éclairée du Consul honoraire de la Fédération de Russie à Lausanne, M. Frederik Paulsen, que nous devons le retour dans la ville natale de Gabriel de Rumine de ce témoignage d’exception. Les de Rumine à Lausanne Gabriel de Rumine, né à Lausanne en 1841, est issu d’une famille de la haute aristocratie russe. Son père, Basile de Rumine, est conseiller de l’Empereur Nicolas Ier. A la recherche d’un climat propice à sa santé fragile, il libère ses paysans du servage, vend ses terres, transfère son immense fortune et s’installe avec sa famille sur les bords du Léman en 1840. A Lausanne, les de Rumine habitent d’abord la Villa Sainte-Luce, construite sous le Petit-Chêne en 1831 par l’architecte Henri Perregaux, puis ils font bâtir une superbe maison nommée l’Eglantine, démolie en 1959. Elle a donné son nom à une rue, située sous l’avenue de Rumine… La femme de Basile, la princesse russe Catherine Schahowskoy, veuve dès 1848, contribua notamment à la construction de l’Asile des aveugles. Quant au jeune Gabriel, il obtient en 1864 le diplôme d’ingénieur-constructeur. Zofingien, membre de la Société vaudoise des sciences naturelles, il se passionne pour la photographie et voyage beaucoup à travers l’Europe. En 1866, la mort de sa mère le laisse seul et très abattu. Il s’établit à Paris mais la guerre de 1870 le ramène à Lausanne. Il part alors en voyage jusqu’à ce que la fièvre le terrasse en Roumanie. |  |  Montre de Gabriel de Rumine © MHL/photo Arnaud Conne

 Gabriel de Rumine, 1860-1865 - photographie © MHL
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