A bientôt 25 ans, Solange Bocquet n’est pas franchement une femme comme les autres. Instructrice à l’académie de police à Savatan et boxeuse professionnelle depuis le début de l’année, la Lausannoise n’en oublie pourtant pas d’être féminine.
«Une fois, lors d’un combat, mon nez s’est retrouvé contre ma joue. Dans mon coin de ring, mon entraîneur me l’a remis droit.» Solange Bocquet évoque ses blessures de guerre avec la logique du sportif dans sa bulle. Depuis le début de l’année, cette Lausannoise de 25 ans boxe dans la catégorie des professionnelles. Le 3 avril, elle a d’ailleurs remporté à Palézieux son premier combat pro face à la championne du monde de boxe thaï, Fiona Hays.
Ce goût pour le combat prend sa source à la fin de l’enfance: «J’ai commencé les arts martiaux à douze ans, mais je n’ai pas trouvé le bon sport. Ce n’est qu’en entrant à la police que j’ai su que la boxe était faite pour moi grâce à mon instructeur, Bertrand Fellay.»
«L’uniforme souligne mon rôle, tandis que sur le ring c’est juste moi, Solange.»
Pas un demi-policier
La police, l’autre univers de Solange Bocquet. Comme sur le ring, la jeune Lausannoise doit prouver qu’elle mérite sa place. Dans un monde où la testostérone est bien souvent la meilleure carte de visite, la jeune femme a dû prouver qu’elle avait le physique pour faire une bonne policière d’intervention. «Malheureusement, tout se fait au physique. Ils ont vu que je tenais la route, que je n’étais pas un demi-policier.» Mais Solange Bocquet «pousse le vice» encore plus loin, puisqu’elle enseigne à l’académie de Savatan. «J’adore mon métier. Je donne des cours de self-défense, de bâton tactique, de tir et des techniques d’intervention.» Rien que ça! Avec des élèves ennuyés d’être instruits par une femme? «J’ai une classe de vingt personnes âgées entre 19 et 42 ans. Il y a des docteurs qui croient tout savoir, c’est sûr. Ce sont souvent les plus jeunes. Les policiers les plus expérimentés sont souvent plus humbles et écoutent les conseils que l’on peut leur transmettre.»
Détour au Starbucks
Pour concilier vie professionnelle et sport d’élite, Solange Bocquet fait des concessions. «Mais pas sur les heures de travail, parce que je ne veux rien devoir à personne, cela pourrait faire jaser.» En uniforme ou sur le ring, la Lausannoise n’est pas la même personne. «L’uniforme souligne mon rôle, tandis que sur le ring c’est juste moi, Solange.»
Appelée pour des interventions en ville de Lausanne, la jeune femme connaît la capitale vaudoise dans ses moindres recoins. «J’aime aller dans les zones résidentielles. Et puis patrouiller au bord du lac, c’est quelque chose d’unique. J’aime aussi le centre et la vieille ville, surtout quand il pleut.»
Pour se détendre, Solange Bocquet ne connaît pas de meilleur endroit que le Starbucks sur la Place St. François: «J’adore ce côté américain avec ces gros fauteuils confortables et leurs cafés sont délicieux.» Autre adresse privilégiée de la jeune femme, la Brasserie des Sauges dans le quartier de la Pontaise: «Leur fondue chinoise est à tomber.»