Portrait

Un esprit d'hospitalité

Pasteur de l’église Saint-François depuis 2011, Jean-François Ramelet se réjouit de «l’énorme palette» d’événements qui vont marquer les 750 ans de l’édifice en 2022. Y compris une première très symbolique: des messes catholiques y seront célébrées pour la première fois depuis près de 500 ans.

© Mathile Imesch - Ville de Lausanne

Jean-François Ramelet, chez lui à Saint-François depuis dix ans.

Depuis que le pays de Vaud a adopté la Réforme en 1536, on n’assiste qu’à des cultes protestants à Saint-François. C’est lui, Jean-François Ramelet, qui a eu l’idée de ce partage œcuménique. Il a bien sûr consulté les membres de son conseil, et ça n’a pas fait de vagues. «Sommes-nous des gardiens du temple ou voulons-nous faire de cette église quelque chose de vivant? Je ne demande pas beaucoup plus que ça: que les gens viennent découvrir ce lieu qui leur appartient.»

Pasteur libéral, il lui arrive de faire des retraites dans des couvents catholiques. A Saint-François, il a réintroduit des offices religieux quotidiens à 18 heures. On y chante a cappella (sans instruments de musique), un peu à la manière des Franciscains qui ont fondé l’église au XIIIe siècle.

A l’époque, c’est le pape qui avait demandé à l’évêque de Lausanne d’accorder une église à cet ordre mendiant. Ce fut longtemps celle des bourgeois de la rue de Bourg, leur offrant une alternative à la cathédrale du tout-puissant Evêque de Lausanne. Jusqu’à l’irruption du réformateur Pierre Viret en 1536.

Une vocation
En 2010, Jean-François Ramelet a répondu à un appel à projets pour animer Saint-François. Son Esprit sainf, qui fait la part belle à l’accueil d’événements musicaux et artistiques, l’a emporté. Il est néanmoins «très soucieux de la prédication». Il lit beaucoup, se documente pour rédiger des prêches originaux, stimulants, qu’on peut trouver en partie en ligne sur internet.

«Je suis extrêmement reconnaissant de ce que je vis ici. J’estime que je n’exerce pas un travail. J’ai une vocation. Je fais quelque chose qui a du sens pour moi. J’ai cette chance de ne pas avoir besoin de faire de distinction entre vie privée et professionnelle. Et ma famille le comprend.»

Sa principale difficulté, confesse-t-il, c’est de vivre le moment présent. Notamment parce qu’il faut toujours organiser les événements culturels des mois ou des années à l’avance. Il fourmille de projets, il en aurait, dit-il, jusqu’à la fin de ses jours. «Vivre au présent ne m’est pas naturel. La prière ne m’est pas naturelle. C’est pour ça que je fais ces retraites, ces offices, parce que suis un indiscipliné.»

Sur François d’Assise
En 2019, Jean-François a découvert par hasard que cet anniversaire approchait. Que la première messe célébrée à Saint-François dont on retrouve trace dans les annales a eu lieu en 1272. C’était «le dernier moment» pour préparer tous ces événements! Ce qui lui tient le plus à cœur, ça reste la dimension spirituelle. Notamment deux conférences prévues sur François d’Assise, le fondateur des Franciscains.

AM

Cet article fait partie du dossier 750 ans de Saint-François