Portrait

Il a fini d’inspecter les travaux finis

Pendant 15 ans, Olivier Bottarelli a assumé le rôle d’inspecteur au Service de l’architecture de la Ville, «afin d’assurer la conformité et la sécurité des travaux exécutés et, par conséquent, celles des futurs utilisateurs.» Rencontre avec un collaborateur qui vient de prendre sa retraite.

© Grégoire Montangero

Olivier Bottarelli ne s’est «jamais vu comme un empêcheur de construire en rond.»

Après avoir été longtemps dessinateur architecte, Olivier Bottarelli avait décidé, en 2007, de franchir la barrière: du côté de l’autorité en charge de l’application des règlements. Jusque-là, il avait toujours pensé que les normes ne servaient à rien! «Je les considérais comme des tracas inutiles», confessait-il dans un entretien accordé voici quelques mois.

Une fois sa casquette d’inspecteur sur la tête, il a compris leur utilité. «Lorsque quelqu’un lance un petit chantier à la va comme je te pousse, cela peut encore aller – quoi que… Mais lorsque des centaines de gens construisent, rénovent ou transforment, c’est vite un grand n’importe quoi! Et à l’échelle d’une ville, cela peut avoir de sacrées conséquences esthétiques, fonctionnelles, sécuritaires…»

Mais ce rôle de police, est-ce confortable sur le terrain? «Je ne me suis jamais vu comme un empêcheur de construire en rond! Bien au contraire, j’ai agi en facilitateur.» Veiller à ce que les chantiers se déroulent en toute sécurité et légalité revient, à ses yeux, à rendre service et «assurer notre service public». Le but restant toujours la délivrance du permis d’habiter.

Exigences et souplesse
Le sentier, reconnaît-il, est parfois épineux. «D’un côté, on nous demande de veiller au respect de règlements de plus en plus stricts et de normes exigeantes, sécurité oblige. D’un autre, il s’agit de faire preuve de souplesse et de trouver des solutions. Ce que nous cherchons surtout, c’est à éviter de devoir faire démolir ce qui vient d’être construit sous prétexte de non-conformité. Et tout cela en allégeant, si possible, les procédures – une attitude plutôt chouette, non?»

Sa plus grande satisfaction professionnelle? La visite finale d’un chantier, celle qui aboutit au permis d’habiter. Cela signifiait que toutes les étapes avaient été franchies, bien franchies. Son plaisir, c’était «d’aider des non-professionnels à comprendre les finesses de règlements touffus. De contribuer à résoudre des problèmes, de régulariser des situations, d’éliminer des risques. Réussir à unir au mieux les exigences théoriques et la réalité du terrain pour que tout concorde, me procurait le sentiment de ne pas avoir perdu ma journée!»

G. Montangero