Portrait

«On connaît la tournée sur le bout des doigts»

En 2021, près de 50'000 tonnes de déchets ont été ramassées à Lausanne grâce à la collecte porte-à-porte menée à bien par une soixantaine de collaboratrices et collaborateurs de la Ville. En route avec l’un des équipages en charge de la collecte du papier carton.

Il est 9h30 dans l’hyper-centre de Lausanne. La benne à ordure ménagère électrique fait son entrée par la rue Chaucrau. Les collaboratrices et collaborateurs en charge de la collecte des déchets sont en route depuis 6h15. Ici, la collecte commence à 9h30 pour mieux répondre aux besoins des nombreux commerces présents qui, pour la majorité, ouvrent leurs portes à 9h et ne sont donc pas en mesure de déposer leurs déchets pour la collecte aux aurores. Alain Blanc est chauffeur poids lourd de métier et travaille à la Ville depuis presque 20 ans. «Avant, je faisais des dizaines de milliers de kilomètres par année. Maintenant, j’en fais seulement 250 par semaine, mais qui sont très exigeants. Je dois être extrêmement concentré et précis», explique-t-il.

Une mécanique bien huilée

Le chauffeur poids lourd doit redoubler d’attention dans ses manœuvres dans ces rues piétonnes. «Il y a des gens partout, il faut être très vigilant.» Il peut par ailleurs compter sur les yeux de ses chargeurs, avec qui il forme un équipage depuis près de dix ans. «Avec l’habitude, je sais exactement ce qu’ils vont faire. Je sais où ils sont quand je recule, s’ils vont traverser derrière le camion ou pas. Quand je fais une manœuvre différente, ils comprennent directement pourquoi, voient ce qui m’empêche de faire comme d’habitude. On se connaît et on connaît la tournée sur le bout des doigts.» C’est donc un véritable ballet qui prend vie les jours de tournée, une mécanique bien huilée sur un tempo bien défini, pour assurer de débarrasser les logements et commerces dans le temps imparti et, comme le dit si bien Alain Blanc, de «laisser la ville propre».

Lui et ses collègues font de leur mieux pour accomplir chaque jour leur mission et permettre aux Lausannoises et Lausannois de bénéficier d’espaces publics de qualité. «On est presque du mobilier urbain pour la population mais si on manque un conteneur, cela se voit tout de suite.» Un travail de l’ombre tout à fait indispensable.

JM