Intégration

Quand s’engager porte ses fruits

La 7e édition du prix Diversité-Emploi-Formation a récompensé la garderie du Servan. Cette structure offre la possibilité à des migrantes et des migrants de l’EVAM ainsi qu’à des personnes allophones de suivre un apprentissage.

© Sébastien Anex - Ville de Lausanne

L’équipe de la garderie du Servan a reçu un chèque de CHF 10’000.–

Le 19 mai dernier, la garderie du Servan a reçu le prix Diversité-Emploi-Formation de la Ville de Lausanne. Depuis 2016, ce prix récompense chaque année une entreprise ou un institut de recherche et de formation lausannois qui contribue, par des actions concrètes et exemplaires, à l’intégration professionnelle des personnes migrantes.

Diego Pasquali, directeur de la garderie du Servan se dit ravi de cette reconnaissance. «Viser à l’intégration des personnes migrantes est souvent un travail qui se fait dans l’ombre. Ce prix permet de mettre en avant toute une équipe qui participe à ce qu’on y parvienne.»

Dissiper les malaises

La Fondation Bellet qui chapeaute cette structure est sensible à cette question depuis plus de 20 ans. A tel point que les employées et les employés n’y prêtent même plus attention. «Je suis arrivé dans cette institution en octobre. J’ai trouvé que ce que l’équipe faisait en matière d’intégration était incroyable alors que mes collègues trouvaient juste cela normal!» Un constat qui a donné envie au nouveau directeur de faire acte de candidature pour ce prix.

«Soutenir les personnes migrantes et allophones dans un apprentissage demande beaucoup d’engagement», précise Diego Pasquali. Il s’agit notamment de préparer l’arrivée de l’apprentie ou de l’apprenti avec l’équipe. Dans le cas du jeune Erythréen qui fait actuellement un apprentissage en cuisine, il y avait, par exemple, de nombreuses questions sur son vécu par rapport à son voyage pour arriver en Suisse, s’il avait fui une guerre, mais aussi sur la région d’où il était originaire, le climat,…

Accueillir une telle population bouscule. «Je dois même avouer que ce n’est pas toujours facile», admet le directeur qui compte une dizaine de personnes issues de la migration parmi la cinquantaine d’employés que compte la garderie. «Un proverbe africain mentionne qu’il faut tout un village pour éduquer un enfant. Pour nous, il faut des personnes d’horizons différents pour mieux vivre ensemble.»

M. Blanc