Société

Embarquement immédiat dans la capsule

À travaux historiques, héritage historique. La Ville joue intentionnellement au Petit Poucet avec une capsule temporelle à l’intention des générations futures.

© Mathilde Imesch – Ville de Lausanne

Les objets choisis par la population pour la capsule du Grand-Pont.

Une mue par siècle, c’est assez extraordinaire pour que l’on ait envie de marquer le coup et assez long pour envisager tout un tas de changements de société et de façons de faire. Avec une question quasi inévitable: dans 100 ans, que dira-t-on de nous? Du chantier de 2022, de nos préoccupations et façons de vivre,… On ne sera pas là pour l’entendre mais, avec la capsule temporelle, il devrait y avoir assez de «traces d’aujourd’hui» pour permettre aux Lausannoises et aux Lausannois qui tomberont dessus de se faire leur idée.

Quels objets pour demain?  
«Une partie des objets de la capsule avait d’ores et déjà été définie par la Municipalité», indique Valentina Andreoli, adjointe au chef du Service de la mobilité et de l’aménagement des espaces publics. «Mais le souhait était de faire choisir la majorité des objets par la population.» Un principe simple en apparence, mais plus difficile à réaliser qu’il n’y paraît. «Afin d’avoir des retours quantifiables quant à ce choix, nous avons dû trouver une solution permettant de tirer des tendances claires tout en étant assez souple pour laisser la porte ouverte à l’imagination des gens. C’est pourquoi nous sommes partis sur l’idée d’un sondage avec une série d’objets proposés, plutôt classiques, et une question ouverte.» En deux semaines, plus de 1’100 personnes ont répondu et fait plus de 600 propositions. «Nous avons été agréablement surpris de l’intérêt de la population, qui a vraiment joué le jeu. Beaucoup de suggestions étaient plutôt amusantes, par exemple l’idée de mettre une mini peluche de Yodli, la mascotte des JOJ 2020. Mais il y a aussi eu plusieurs témoignages d’inquiétude sur l’avenir, avec des poèmes sur l’état de la planète, ou quelques propositions de mettre dans la capsule une lettre d’excuse pour les générations futures.» Des suggestions trop isolées pour faire leur chemin jusqu’à la capsule temporelle, mais marquant tout de même l’état d’esprit des personnes qui ont participé au sondage.

Course contre la montre
Sondage, communication, obtention des objets, tout a par ailleurs dû se faire montre en main. Car, si la capsule a désormais une centaine d’années de repos devant elle, la fenêtre de temps pour son ensevelissement était très serrée. «Les travaux de rénovation du Grand-Pont avancent par étapes, depuis la place Saint-François vers la place Bel-Air», explique Cyril Gerbino, le chef de projet en charge des travaux de rénovation du Grand-Pont. «Pour que la capsule temporelle puisse être placée sous le tablier du pont, il fallait donc que son ensevelissement se fasse juste avant que ne soient bétonnés les derniers mètres carrés du tablier. La fenêtre possible se limitait donc à la première partie du mois de mai.»

10

c’est le poids, en kilos, de la capsule temporelle à vide.

Il y a quoi à l'intérieur?

  • un plan de la ville de Lausanne
  • des photos des travaux du Grand-Pont
  • un autotest COVID avec mode d’emploi
  • un téléphone portable avec son chargeur
  • un flacon d’eau du lac Léman
  • le timbre de la guette de Lausanne
  • un enregistrement des bruits de la ville sur une clé USB
  • des photos de la ville, notamment aériennes
  • un ticket de bus tl
  • des graines de la région
  • un plan du réseau tl
  • une pièce de monnaie

I. Michaud

Cet article fait partie du dossier Un chantier mémorable