Culture

Bienvenue à Plateforme 10

Le 5 octobre, le nouveau Musée cantonal des Beaux-Arts (MCBA) ouvre ses portes. C’est aussi la première étape dans la création d’un nouveau quartier urbain.

Début avril, 21 000 personnes se pressaient aux journées portes ouvertes du MCBA, dans le bâtiment encore vide. Seront-elles aussi nombreuses le week-end des 5 et 6 octobre, pour l’ouverture durable du musée et son exposition inaugurale?  Celle-ci est consacrée aux donations récentes qui ont inondé le MCBA depuis que ce projet de pôle muséal à côté de la gare est connu.

Jusqu’au 12 janvier, Atlas. Cartographie du don va occuper la totalité des presque 3200 m2 de surface d’exposition du musée, près du triple de ce dont il bénéficiait auparavant, au Palais de Rumine. On pourra y admirer 300 oeuvres, dont notamment l’une des plus grandes toiles de Paul Klee (voir ci-contre). Une place de choix est réservée aux récentes donations d’Alice Pauli (Pierre Soulages, Anselm Kiefer, Giuseppe Penone, Anish Kapoor, etc.) ainsi qu’à diverses oeuvres de grande valeur patrimoniale (Rodin, Balthus, Giacometti, Vallotton, etc.). Cette exposition est gratuite, comme le sera la plus grande partie du MCBA par la suite.

Dès janvier 2020, le musée prendra sa configuration durable: ses collections exposées dans l’aile Ouest, côté Genève, en accès libre, des expositions payantes dans l’aile Est, côté gare. «Nous pourrons enfin montrer en permanence nos collections, ce qui n’était pas le cas depuis les années 1940», relève Bernard Fibicher, directeur du musée.

Le début d’un quartier vivant

Ce sera aussi l’occasion de découvrir la naissance d’un nouveau quartier urbain, sur un site jusque-là fermé au public, réservé aux Chemins de fer fédéraux (CFF). Le fond du site est encore en chantier pour deux ans, en vue de la construction du bâtiment qui abritera le musée de l’Elysée (photo) et le mudac (design et arts contemporains). L’entrée côté gare attend également sa transformation. Mais on pourra déjà découvrir le nouvel escalier qui descend depuis l’avenue Ruchonnet (ainsi qu’un ascenseur). De même qu’un mobilier urbain particulier, conçu par des designers bâlois: bancs circulaires, anneaux à vélos, lampadaires.

En face du MCBA, les anciennes arcades dans le mur de soutènement sont vitrées, prêtes à accueillir des occupants dont les noms vont être dévoilés à l’occasion de l’ouverture du musée. Entre-deux, il y a la Crocodile, oeuvre massive figurant une vraie locomotive, en métal peint en vert, hommage au passé ferroviaire du site.

Dans deux ans, l’esplanade entre les musées prendra véritablement vie. Elle accueillera un restaurant au milieu, avec une terrasse. Ce sera un lieu de passage pour les piétons et cyclistes grâce à la rampe de mobilité douce qui va longer les voies ferrées. Ce sera un lieu de verdure, près d’un quart du site sera végétalisé et le Jardin botanique y ouvrira un parcours didactique.

La gare sera un nouveau morceau de ville

C’est aussi un prélude à une transformation plus large des quartiers coordonnée à la Ville par Pôle Gare. A commencer par la gare elle-même, d’ici sept à huit ans: des quais allongés, trois nouveaux passages inférieurs.

La place de la Gare va aussi être remodelée, la zone sous-gare également, avec la création d’une zone piétonne au boulevard de Grancy. La parcelle triangulaire de la Rasude, à l’Est de la gare, d’une superficie comparable à Plateforme 10, va aussi être remodelée.

Et partout, la priorité est donnée aux piétons, aux transports publics et à l’animation des surfaces. D’ici dix ans, c’est un nouveau morceau de ville qui va naître avec un fort rôle stratégique pour la Ville.

A. Maillard

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