Politique

L’organisation communale des élections fédérales

Modèle de démocratie directe, la Suisse appelle souvent ses citoyen·ne·s aux urnes. Votations et élections, à chaque fois la Ville de Lausanne met en place un imposant dispositif pour pouvoir comptabiliser les votes de ses citoyens et garantir le bon fonctionnement de la démocratie.

Depuis quelques semaines, alors que les arbres jaunissent, les bords des routes se sont parés de différentes couleurs politiques. Comme tous les quatre ans, le peuple suisse va élire ce week-end son Parlement. Les Lausannois vont pour leur part donner leurs voix pour l’élection de deux conseillères ou conseillers aux Etats et 19 conseillères nationales ou conseillers nationaux vaudois.

Mais que se cache-t-il derrière ces votations pour une ville? Si vous avez reçu votre matériel de vote il y a trois semaines, c’est grâce au Secrétariat municipal de la Ville de Lausanne, qui a donné la liste des citoyens ayant le droit de vote. L’impression du matériel de vote, sa mise sous pli et son envoi incombent au canton.

Une fois votre enveloppe ouverte, à vous de jouer! Voter une liste compacte, y panacher des noms ou composer votre propre liste: vous seuls pouvez choisir. Après avoir soigneusement rempli votre carte d’électeur et inséré vos bulletins de vote dans l’enveloppe, il n’y a plus qu’à soit les renvoyer par poste, les amener dans l’une des trois urnes de la Ville (place de la Louve, Chauderon ou Port-Franc), ou vous rendre dans un bureau de vote dimanche 20 octobre au matin.

Dans le même temps, la machine de guerre lausannoise se met en marche. Votre enveloppe est acheminée dans un bureau spécial où, durant trois semaines, cinq personnes font un contrôle visuel de votre carte d’électeur et la scannent. Cette première étape permet de trier les électeurs valables ou non (carte déclarée perdue, date de naissance non conforme, carte d’électeur d’une précédente élection ou votation, etc.). Tout est en ordre? Alors, l’enveloppe qui y était associée part dans une des huit caisses destinées aux tables de dépouillement.

Le jour J

Samedi 19 octobre au soir, Salle de Grand-Vennes: le rituel propre à chaque à scrutin va se reproduire. Les 407 personnes mobilisées pour cette élection seront prêtes, les enveloppes de vote attendront sagement dans leurs caisses. À minuit, la responsable de l’organisation prendra son micro et annoncera que le dépouillement est ouvert. Petit à petit la salle s’animera avec une mécanique bien huilée. Tout d’abord, les enveloppes seront ouvertes par six personnes assermentées. Qui a le droit de les ouvrir? Les conseillers municipaux, les huissiers de la Ville, le personnel du Secrétariat municipal et la présidente du Bureau électoral.

Après ouverture, les enveloppes sont placées dans des caisses et partent vers les huit tables de dépouillement où les attendent à chaque fois 22 scrutateurs, un président et un vice-président. Les bulletins sont triés. D’abord le Conseil des Etats, puis le Conseil national. Votes compacts, voix éparses, votes nuls… tout est soigneusement inscrit dans le PV de dépouillement. A peine traités, les bulletins s’envolent vers les 28 contrôleurs supervisés par trois personnes. Et là, recontrôle des bulletins. Tout est bon? C’est parti pour la saisie informatique où 50 groupes de deux personnes intègrent les données dans le système, encadrés par quatre personnes et cinq superviseurs.

Au fil des heures, les dernières enveloppes rejoignent Grand-Vennes, et les votes sont comptabilisés grâce à toutes ces personnes engagées pour que la base du système démocratique suisse soit assurée. Dimanche soir, les derniers bulletins sont saisis, le procès-verbal communal est édité et transféré au canton. La présidente du bureau électoral clôt le dépouillement et la responsable de l’organisation s’assied. Enfin.

A. Nappey-Barrail

Votez d’ici dimanche