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Des appels en larmes, d’autres pour aider

Les appels sont beaucoup plus nombreux à la centrale téléphonique de la Ville. Et plus longs. Des personnes âgées en détresse, des indépendants inquiets. Et des volontaires qui veulent savoir comment faire pour aider. Le témoignage d’Amela Softic, auxiliaire à la centrale.

Ils sont 6 à répondre aux appels dans le bureau de la centrale téléphonique, place de la Palud. Trois équipes qui ne se croisent pas, par prévention. Amela fait équipe avec Caroline. Depuis la mi-mars et les mesures de lutte contre la pandémie, leur travail a complètement changé.

Les appels duraient cinq à dix minutes, maintenant elles ont parfois du mal à couper. Il le faut, parce qu’elles voient clignoter d’autres appels. Amela en a eu jusqu’à dix en attente. Désormais, beaucoup d’appels peuvent ressembler à ceux de la Main tendue: elles écoutent, elles rassurent, elles calment.

Les plus touchants, ce sont les appels au secours de personnes âgées en pleurs, bloquées chez elles, qui peut-être ne savent pas se servir d’internet, n’ont plus de famille, pas de voisins pour les aider. Que faire pour elles? Leur donner le numéro de la hotline qui propose des livraisons gratuites à domicile. Ou de Bénévolat-Vaud, qui répertorie les actions bénévoles.

Une autre catégorie, ce sont «des citoyens vulnérables qui ne savent plus vers qui se tourner». Des indépendants inquiets, qui n’ont plus leur travail, leurs revenus, des personnes licenciées qui pour une raison ou une autre ne touchent pas les allocations chômage. Les téléphonistes de la centrale peuvent leur donner le numéro du Service social, qui parvient à répondre aux demandes en augmentation.

Il y a aussi ceux qui appellent pour proposer de l’aide. Des scouts, des personnes désœuvrées. Amela aimerait noter leurs noms, les mettre en lien avec des personnes en détresse, dans leur quartier, mais ce n’est pas dans leur cahier des charges. Elle peut seulement leur indiquer où s’adresser. On les remercie quand même, parfois très chaleureusement, pour leur écoute, leur bonne humeur. On est dans la compréhension, la bienveillance. Jamais elles n’ont eu autant le sentiment d’être utiles. Qu’il est «important d’être là».

AM