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Des logements pour les personnes en difficultés

C’est un tout nouvel immeuble qui a émergé à la rue César-Roux 16. Après deux ans de rénovation, le Service social Lausanne (SSL) y propose 66 logements aux personnes temporairement ou durablement exclus du marché du logement. Partir du terrain, s’adapter aux besoins, allier logement et appui social: c’est la «stratégie logement» du SSL.

© Ville de Lausanne

«Contrairement à ce que certains articles peuvent laisser penser, la crise du logement n’est pas terminée dans l’arc lémanique. En tout cas pas pour tout le monde», constate Judith Bovay, cheffe du Service social Lausanne (SSL). 

À Lausanne, ce sont plus de 1200 personnes qui, en 2019, se sont adressées à l’Unité Logement (UL) du SSL pour trouver de l’aide. Parce qu’elles étaient sur le point d’être expulsées de leur logement, parce qu’elles partageaient un bout de canapé chez un ami sans garantie de pouvoir y rester ou parce qu’elles vivaient à quatre dans un deux pièces sans salle de bain: des situations intenables sur le long terme.

Difficile de savoir le nombre de personnes à Lausanne qui vivent dans une situation de logement précaire. Les sans-abris ne sont que la partie visible de l’iceberg.

Une détente… pas pour tout le monde

Trois facteurs frappent de plein fouet les ménages les plus démunis. Le prix, tout d’abord. La part du loyer pèse lourd dans le budget des personnes les plus pauvres. Au vu des loyers élevés pratiqués à Lausanne, trouver un logement décent relève presque de la mission impossible. Ces ménages, par ailleurs, se trouvent souvent avec des contrats de location mal protégés par le droit, ce qui rend leur situation d’autant plus précaire.

Le droit ne suffit pas

En 2019, plus des deux-tiers des personnes venues chercher de l’aide à l’UL n’étaient pas protégées par le droit du bail. Parce qu’elles sous-louent une chambre à un locataire, partagent une colocation avec des amis ou vivent gracieusement chez un proche, elles n’ont aucune garantie qu’elles ne seront pas expulsées de leur logement demain. Comment aider ces personnes qui ne sont pas protégées par le droit? Il faut trouver d’autres mécanismes que les outils juridiques.

Troisième facteur, souvent inavouable, difficilement prouvable: la discrimination pèse parfois lourd dans les recherches de logement. Certaines personnes ont de la difficulté à en trouver un, alors qu’aucune raison objective ne l’explique. Qu’elle soit liée au type de revenu, à l’âge, à la maladie ou à la couleur de peau, la discrimination touche surtout les plus faibles.

S’adapter et répondre aux besoins

Face à ce constat, le Service social a développé depuis plusieurs années une stratégie qui s’est avérée payante: créer du logement en partant des besoins des ménages, développer une offre diversifiée qui réponde à la diversité des situations.

En concentrant les logements qu’il propose dans quelques immeubles, le SSL intervient d’une façon qui se veut rapide, cohérente et efficace. Il y assure une permanence technique et sociale pour compléter l’offre de logement par un appui social. Objectif: appuyer les locataires dans la recherche d’un logement durable, favoriser leur réinsertion socioprofessionnelle pour sortir de l’aide du SSL.

Capacité doublée

À César-Roux 16, le SSL a doublé sa capacité de relogement, passant de 33 à 66 logements. Il y propose des appartements sur le long terme pour les ménages qui ne parviennent pas à se loger, ainsi que des studios meublés ou des chambres en appartement communautaire pour celles et ceux qui ont besoin d’une solution provisoire pour repartir du bon pied.

Les types de logement et les loyers sont adaptés aux revenus modestes et à toutes les situations sociales, que ce soient des familles (monoparentales), des jeunes, des personnes seules, qu’ils soient au bénéfice du Revenu d’insertion (RI) ou de prestations complémentaires (PC).

Pour plus d’informations: www.lausanne.ch/ssl

J. Monney avec E. Laurent