Santé

La sérénité des ambulances

Même si des personnes secourues sont gravement atteintes par le virus, les ambulancières et ambulanciers du Service de protection et sauvetage (SPSL) sont bien préparé.e.s et protégé.e.s. Et le rythme de leurs interventions n’a pas augmenté. Le témoignage de François Currat, ambulancier diplômé.

Le SPSL regroupe les sapeurs-pompiers, les ambulances et la protection civile, notamment. Il assure plus de 12’000 interventions d’urgence par an pour secourir, protéger et sauver les personnes, les animaux, l’environnement et les biens. Les ambulancières et ambulanciers interviennent à Lausanne et dans les communes environnantes, sur demande de la centrale 144 pour les urgences pré-hospitalières.

Êtes-vous débordés par le Covid-19?

François Currat: Non, parce que la situation a été bien anticipée. Afin de soulager des services officiels comme le nôtre, des sociétés privées ont été désignées dans le canton pour le transport de ces patient.e.s-là. Il nous arrive tout de même de prendre en charge des personnes atteintes par le virus, mais notre moyenne habituelle d’interventions, une vingtaine par jour, n’a pas augmenté.

Avez-vous eu affaire à des personnes gravement atteintes?

Moi non, mais des collègues, oui. La prise en charge n’est pas différente de celle dont nous avons l’habitude, pour des patient.e.s qui ont par exemple des problèmes respiratoires, de l’asthme, de l’œdème pulmonaire. Si nous faisons face à une difficulté respiratoire aiguë et que nos compétences d’ambulancier.ère sont dépassées, nous avons la possibilité de faire venir un médecin sur place en faisant appel au SMUR (Service mobile d’urgence et réanimation).

Il se trouve qu’à l’heure actuelle, certaines personnes que nous secourons s’avèrent atteintes du virus. Nous le savons parfois avant, parce que le 144 nous a avertis, ou nous l’apprenons après, par le CHUV (hôpital cantonal). J’ai eu des patient.e.s qui allaient bien, puis qui étaient testé.e.s positifs ou positives au virus. Et nous avons probablement tous les jours un transport de personne atteinte par le Covid-19, sans le savoir.

Comment vous protégez-vous?

Nous sommes habitués à porter des masques. D’habitude nous ne le faisons pas toujours, nous les mettons pendant la saison des grippes, ou en fonction des informations transmises par le 144. Actuellement nous sommes protégés en permanence, y compris à la centrale, en portant des masques, en étant attentives et attentifs à l’hygiène. Etant soignant.e.s, nous connaissons les risques et nous gérons tout cela sereinement.

Donc vous n’avez pas trop de craintes?

Non, pas trop. Les craintes que je pourrais avoir seraient celles d’une flambée de l’épidémie ou encore de transmettre le Covid-19 à des personnes vulnérables ou à risque. Mais grâce aux mesures de précautions prises, telle que la désinfection du matériel, des ambulances et le professionnalisme de tous les collègues ambulancières et ambulanciers, ce risque reste très minime.

AM