Environnement

Le retour de la nature en ville fait le bonheur des oiseaux

S’il y a quelque chose d’extrêmement rassurant dans la situation actuelle, c’est que dehors la vie continue, plus forte que jamais. La nature en ville fait son œuvre, il suffit pour s’en convaincre de regarder dehors ou d’ouvrir ses fenêtres.

Depuis 2012, la Municipalité a adopté une politique «Nature en ville» pour  renforcer son intégration dans le développement urbain. Entretien écologique différencié des espaces verts, protection du patrimoine arboré, toitures végétalisées, renforcement du réseau écologique, haies indigènes, lutte contre les plantes envahissantes, perméabilisation des sols ou encore sensibilisation aux bonnes pratiques écologiques portent leurs fruits et font le bonheur de la faune locale. Les nombreux oiseaux que nous pouvons observer de chez nous en cette période en témoignent.

Libres d’aller où ils veulent, à peine décontenancés par le calme soudain de la ville, les oiseaux s’affairent comme si de rien n’était. L’occasion est belle, pour nous qui sommes reclus, d’entrer un peu dans leur monde. Depuis le balcon, dans le jardin ou derrière la fenêtre qui donne sur les arbres de l’allée, prenons le temps d’écouter et d’observer ces oiseaux familiers, sédentaires ou de passage.

Campé sur le faîte d’un toit, c’est le rouge-queue noir qui nous réveille à l’aurore, très vite accompagné par le merle et la grive. Son chant se reconnaît à une strophe étrange qui ressemble à un bruit de papier que l’on froisse. A l’origine, ce petit oiseau couleur charbon, à la queue plus rousse que rouge, fréquentait sans doute les zones rocheuses naturelles, mais l’urbanisation lui a offert pléthore de murs, bâtiments, corniches et abris artificiels qui ont fait de lui l’un des oiseaux les plus répandus en Suisse.

Parmi les amateurs de pierres, la bergeronnette grise est aussi reconnaissable entre tous, grâce à sa longue queue qu’elle balance comme un hochet en arpentant les toits et les murs. Observez-la qui virevolte pour happer les moucherons en plein vol ou chasser l’intrus qui enfreint les limites de son territoire.

Vous connaissez bien sûr le merle noir, mais êtes-vous certain.e de ne jamais le confondre avec l’étourneau sansonnet, qui imite si bien son chant? Pour en avoir le cœur net, vérifiez aux jumelles: le plumage de l’étourneau a des reflets bleu métallisé et est moucheté de points blancs, tandis que le merle est complètement noir.

Sans doute plus populaires, car familières de la mangeoire, les mésanges bleues et charbonnières passent et repassent sous nos fenêtres, tantôt avec une plume, tantôt avec de la mousse. Parviendrez-vous à repérer leur nid blotti dans le trou d’un arbre ou au fond d’un nichoir?

Corneilles, pigeons, tourterelles, fauvettes, sitelles, grimpereaux, roitelets, chardonnerets,… La liste des oiseaux qui vivent en ville est longue et source de belles distractions. Pour les identifier et apprendre à reconnaître leur chant, il existe de nombreux guides, sites et applications.

Et pour aller plus loin, pourquoi ne pas remplir un carnet avec vos observations? Ce sera peut-être le début d’une passion ou en tous cas, un souvenir sympathique de cet étrange printemps pour l’être humain.

A. Adriaens