Ecoles

«Nous sommes devenus un peu maniaques»

Le collège de Pierrefleur a continué à recevoir les enfants de parents soignants. Le personnel nettoie bien, désinfecte, veille aux consignes de sécurité, se protège. Le témoignage de José Luis Gonçalves Freitas, concierge de la Ville depuis dix ans.

© LDD
José Luis Gonçalves Freitas

Deux ou trois fois par jour, il sort pour tout nettoyer et désinfecter. En particulier les poignées de portes, les interrupteurs, les toilettes. Ils sont trois à se relayer pour s’occuper des bâtiments du collège de Pierrefleur, près de Beaulieu. Jose Luis Gonçalves Freitas, le concierge, tient à remercier ses complices, Chantal Burland et Naser Sejdiu, nettoyeurs à 50%. Lui, en tout cas, ne sort plus sans une lingette, un microfibre, tous les produits à disposition. «Nous sommes devenus un peu maniaques», sourit-il.

Autant que possible, ils évitent le contact direct avec «les gamins», comme il les appelle affectueusement. La plupart restent chez eux depuis la fermeture des écoles, bien sûr, mais quatre à huit écoliers viennent encore, parce que leurs parents font partie du personnel soignant. Ils sont regroupés dans un bâtiment où quelques enseignants se relaient, pour s’en occuper et pour préparer des cours à distance.

Dans le quartier, nous dit-il, tout se passe bien, on se remercie, on prend des nouvelles. José Luis a laissé son numéro à quelques personnes âgées au cas où. Le seul problème, ce sont des jeunes qui viennent faire la fête le soir.

«Je les comprends, c’est difficile pour eux, le confinement. Mais pour nous c’est pire que d’habitude, c’est fou tout ce que nous trouvons, bouteilles cassées ou autres restes. Quand nous le pouvons, nous essayons de leur expliquer, de faire un peu de diplomatie. Pour que cet espace reste accessible à des parents avec leur enfants plus petits.»

Une leçon de solidarité

Au début, il a fallu du temps pour bien s’équiper et «gérer la crise avec sagesse». Environ une semaine. C’est la protection civile qui leur a livré du désinfectant, il en a mis à disposition de l’APEMS ou d’autres écoles. Jose Luis se protège lui-même en portant des gants et un masque, mais pas toujours. Il ne le met pas s’il est seul, il le met s’il vide les poubelles.

Pendant les vacances de Pâques, ils ont pu nettoyer les vitres. Maintenant, ils préparent la réouverture, cherchent comment faire pour respecter les règles de distanciation dans des classes peu spacieuses, dans les préaux à la récréation. Encore un défi.

«Oui, tout ceci nous cause un stress supplémentaire. Nous risquons quand même un peu nos vies. Mais nous faisons de notre mieux pour protéger les familles.» Ce qu’il aimerait, c’est qu’on sache prendre le virus de la façon la plus positive possible. Et qu’il nous enseigne davantage de solidarité, notamment avec les personnes âgées

AM