Politique

«Réorientons les priorités du Conseil communal»

Mardi 6 mai, pour sa première séance depuis le 3 mars, le Conseil communal a quitté les bancs serrés de l’Hôtel-de-Ville pour la Halle 35 du Palais de Beaulieu. Le bilan de sa présidente, Eliane Aubert.

© LDD
Eliane Aubert

La séance était inhabituelle à maints égards pour les membres du Conseil. Elles et ils ont suivi un parcours fléché pour entrer dans la salle, formant une queue espacée comme au supermarché. Chacun.e a reçu une bouteille de désinfectant et un masque. Les tables étaient distantes de deux mètres et pour prendre la parole, elles et ils ne pouvaient rester assis.es. Les deux micros étaient nettoyés après chaque intervention. Les votes se sont faits à main levée, à défaut d’équipement pour le vote électronique.

Le Conseil communal va encore siéger deux fois à Beaulieu en mai, et probablement quatre fois en juin.

Comment avez-vous vécu cette première à Beaulieu?

Eliane Aubert: J’étais assez stressée au début. Je devais m’assurer que les mesures de sécurité, la distance sociale notamment, soient respectées. Ça s’est bien passé, il n’y a pas eu d’agglutinements, les élu.e.s ont bien joué le jeu. Afin d’avancer plus vite, nous avions décidé de limiter le temps de parole, sans pouvoir nous appuyer sur une base légale; je n’ai dû le rappeler aux orateurs que deux fois. Je craignais que le fait de devoir se lever pour s’exprimer aux micros, après leur nettoyage, n’ait un effet limitatif sur le débat, mais ça n’a pas été le cas.

J’ai remercié tout le monde. Il y a eu un beau travail d’équipe pour la mise en place de la salle et le nettoyage. L’ambiance était plus calme que d’habitude, pas de brouhaha, pas de conseillers qui se déplacent dans la salle pour des apartés.  

Était-ce donc mieux que d’habitude?

Je n’irai pas jusque-là! Il est bon d’avoir de l’ambiance, c’est plus vivant.

L’interruption des travaux du Conseil communal pendant deux mois pose-t-elle de gros problèmes?

L’interruption n’a pas été complète. Il y a eu de nombreux échanges par courrier électronique et le bureau du Conseil s’est réuni chaque semaine en visioconférence. Nous avons invité chaque groupe politique à poser deux questions écrites urgentes sur le Covid-19; celles-ci ont été envoyées à la Municipalité, dont les réponses sont publiques.

Malheureusement, ça n’a pas arrangé notre retard qui était déjà énorme dans le traitement d’un ordre du jour qui atteint maintenant 14 pages. Nous avons fixé deux séances supplémentaires en juin, mais ça ne suffira pas. Beaucoup de nouveaux postulats ont été déposés pendant ces deux mois. Rien ne peut être écarté, tout doit être traité. Nous avons demandé à chaque groupe de sélectionner des urgences et nous allons adapter l’ordre du jour en fonction de ça.

A titre personnel, quelles leçons tirez-vous de cette expérience pour le fonctionnement du Conseil communal et la démocratie locale?

Dans le semi-confinement, nous réalisons ce qui nous manque et nous est essentiel: la culture, les commerces, les écoles et les crèches. Nous sommes frappés aussi par la précarité de la situation de certain.e.s habitante.s. Peut-être devrait-on réorienter les priorités du Conseil communal sur ces axes-là, et éviter de déposer certaines interventions dont on peine à voir l’utilité. Je n’ai aucun pouvoir là-dessus en tant que présidente, mais j’espère que les groupes feront le même bilan que moi.

AM