Culture

«J’adore le public lausannois»

Le violoniste et chef français Renaud Capuçon vient d’être nommé directeur artistique de l’Orchestre de Chambre de Lausanne (OCL) dès la saison 2021–2022. Après avoir partagé un concert avec l’OCL en mars dernier, joué à huis clos pour cause de coronavirus, le Maestro s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre musical haut de gamme de l’histoire culturelle de la ville. Interview.

Vous avez rejoint en 2014 les rangs de la Haute Ecole de Musique de Lausanne pour y enseigner le violon. Et vous venez d’être nommé directeur artistique de l’OCL. Comment percevez-vous cet ancrage lausannois de plus en plus important? Qu’est-ce qui vous attire toujours plus à Lausanne?

Renaud Capuçon: Les choses se sont faites très naturellement. Je me suis plu immédiatement à la Haute Ecole de Musique que je trouve remarquable. Je passe beaucoup de temps ici, j’ai beaucoup d’amis. Et puis, tout simplement, j’ai dirigé l’Orchestre de Chambre de Lausanne et nous avons eu cette alchimie. Ça n’aurait pas pu fonctionner sans cette alchimie. Je connais les musicien·ne·s de l’OCL depuis plus de 20 ans. Je suis très heureux, très honoré de commencer cette aventure avec eux.

Vous vous dites très heureux, très honoré. Plus concrètement, qu’est-ce que cet engagement représente pour vous?

Ça représente plusieurs semaines de travail avec eux par année, des concerts à Lausanne, des tournées, des enregistrements, des concerts pour les jeunes…. Beaucoup de choses! C’est une réorganisation de mon temps de travail, l’OCL sera prioritaire. C’est la première fois que ça m’arrive; tout est à construire et c’est merveilleux.

Quelle sera votre empreinte personnelle?

C’est une chose qui va se construire ensemble. Il n’y a pas de formule magique, ce serait bizarre. Il est trop tôt pour parler de répertoire. Je vais travailler là-dessus cet été, et puis surtout, je dois en parler avec eux. Un directeur artistique, ce n’est pas quelqu’un qui arrive et qui impose des choses. Je vois cela comme quelqu’un qui dialogue, qui essaie de comprendre les affinités, les attentes des musicien·ne·s. Ce que je vais essayer d’imprimer, c’est certainement une sonorité. Mais c’est trop tôt, je laisse un peu de suspense.

En attendant, comment imaginez-vous ce passage de violoniste à directeur artistique d’un orchestre?

Ce qui est réjouissant, c’est qu’on va pouvoir construire ensemble et partager. Il s’agit d’imaginer un temps sur lequel on peut construire du répertoire, grandir ensemble. C’est un musicien qui en rencontre d’autres. C’est ce qui me passionne. C’est tout nouveau dans le sens où j’ai le privilège d’avoir tous ces musicien·ne·s avec qui je vais pouvoir construire quelque chose.

Comment appréhendez-vous ce nouveau challenge? Sentez-vous une certaine pression?

Il y a beaucoup d’excitation, d’adrénaline. J’aimerais pouvoir commencer demain matin! (rires).

Quel regard portez-vous sur le public lausannois?

C’est un public chaleureux, attentif, fidèle. C’est un public que j’adore et qui m’a adopté depuis toujours. Ce n’est pas pour rien que je suis là, ce n’est pas un hasard.

Pour conclure, avez-vous déjà vos habitudes à Lausanne, des lieux dans lesquels on vous retrouve souvent?

Je me réjouis de vous dire cela dans un an. Pour les cours à l’HEMU, j’arrive très tôt, j’enseigne dix heures de suite, je dors, recommence très tôt le lendemain puis je repars. A part dans ma salle de classe, ce n’est pas possible de me voir. Je vais désormais avoir le temps. Je m’en réjouis!

JD