Energies

Ça chauffe à l’Ouest!

L’Ouest lausannois est en plein développement et la demande en chauffage à distance est en constante augmentation. Pour y répondre, les Services industriels de Lausanne (SiL) renforcent leur chaufferie de la STEP (station d'épuration des eaux de Lausanne) avec une deuxième chaudière.

Que s’est-il passé ce jour-là?

En cette fin d’été 2020, c’est un véritable branle-bas de combat à la chaufferie des SiL près de la STEP à Vidy. Une «petite» chaudière autrichienne de 65 tonnes et 24 MW vient d’arriver. «Elle a traversé toute l’Europe pour arriver jusqu’à nous, explique Eric Constantin, responsable de la production du chauffage à distance lausannois, d’abord de Linz à Bâle par bateau, puis par convoi spécial jusqu’à Lausanne.» Et pour installer cette beauté à côté de sa sœur qui l’y attendait depuis 2011, force a été d’ouvrir le toit et les façades et de la faire glisser sur des rails.

C’est qu’il s’agit de se préparer pour l’hiver. «Durant tout l’automne, nous allons effectuer les raccordements de conduites nécessaires, ainsi que toutes les installations électriques», explique Eric Constantin. Les conduites à haute pression sont raccordées par des soudeurs agréés mais l’automatisation est réalisée en interne. La mise en service est planifiée en janvier, juste à temps pour les pics de consommation de février.»

Un choix rationnel

Que ce soit pour un logement, un commerce ou une industrie, le choix du chauffage à distance s’impose de lui-même. En se raccordant au réseau public, on s’évite de nombreux soucis, tels que l’emplacement de la chaufferie, l’achat et l’entretien d’une installation ainsi que l’approvisionnement et le stockage du carburant. Le chauffage à distance permet de supprimer les cheminées individuelles et ainsi d’améliorer la qualité de l’air en ville. A Lausanne, sa chaleur est considérée comme renouvelable à 65,7% grâce à l’incinération des déchets à Tridel et des boues d’épuration de la STEP.

Ces avantages, l’hôpital voisin de Pierre-de-Plan (aujourd’hui le CHUV) les avait bien compris lorsque les SiL lui proposèrent en 1934 de chauffer ses bâtiments à partir des rejets de chaleur de l’usine électrique, puis grâce à une chaudière à vapeur. Au fil du temps, le réseau s’est étendu dans toute la ville, pour atteindre 113,5 km de long en 2020 et alimenter plus de 1410 bâtiments (immeubles ou maisons individuelles). Dans les années à venir, au fil des améliorations technologiques, le chauffage à distance prendra un virage résolument plus écologique. Les SiL explorent activement de nouveaux modes de production d’énergie thermique renouvelable (géothermie, biogaz, bois…).

F. Augsburger