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Avec Pierre-Alain Leresche, la magie des champignons

La période de récolte des champignons tire à sa fin et les contrôles offerts par la Ville s’achèvent au 15 novembre. Mais il sera encore possible de les faire contrôler sur rendez-vous. Rencontre avec le Monsieur champignons de la Ville.

© Marino Trotta - Ville de Lausanne

«Dès que nous avons un doute, nous jetons.»

Assistant technique au Spadom, le Service des parcs et domaines, Pierre-Alain Leresche est responsable et seul membre de l’Office de contrôle des champignons. Il est à la disposition de toute personne qui voudrait faire contrôler des champignons pour s’assurer qu’ils sont comestibles.

L’an dernier, il en a contrôlé 260 kilos; 130 sont repartis en forêt. La plupart parce qu’ils étaient trop vieux. Peu sont dangereux: environ 70 sont toxiques parmi les champignons fréquemment contrôlés; une dizaine mortels (sur 15'000 espèces en Suisse). Depuis qu’il existe un réseau national de contrôle, la VAPKO, en près de 100 ans il n’y a pas eu de mort d’intoxication en Suisse. «Dès que nous avons un doute, nous jetons.» Il n’est pas toujours facile de reconnaître un champignon; une photo ne suffit pas, il faut aussi le palper, le humer... et la formation d’un contrôleur prend quatre à six ans.

Passionné de nature depuis l’enfance, Pierre-Alain Leresche a pu se spécialiser dans ce qu’il aime. Les champignons, c’est assez récent, mais il s’est «pris au jeu» depuis une dizaine d’années. «Nous ne sommes pas seulement là pour dire que c’est bon ou mauvais, nous donnons des conseils de cuisine. Et nous recommandons toujours de bien les cuire.» De manière générale, le champignon est lourd à digérer. Il peut causer des maux de ventre, des diarrhées. Néanmoins, il y a une bonne cinquantaine d’espèces qu’il «aime manger».

Le rôle des champignons dans la forêt
Parfois, Pierre-Alain Leresche emmène des groupes en forêt. Il ne fait pas que leur parler des espèces comestibles, il évoque aussi le rôle important des champignons dans la vie des arbres (ils leur fournissent des sels minéraux, les aident à communiquer) et le recyclage de la matière. Il ne faudrait pas trop en prélever, par respect pour l’environnement. La récolte permet néanmoins des moments de détente «assez magiques».

Le profil des personnes qui en récoltent a évolué, on voit davantage de citadins qui font un retour à la nature; certains se fient à des sites et des applications, «on risque de les retrouver à l’hôpital.» L’an passé, Pierre-Alain Leresche a effectué 300 contrôles, deux fois plus que d’habitude.

Par ailleurs, le réchauffement climatique montre déjà des effets. La période la plus favorable de récolte des champignons s’est décalée d’une semaine ou deux. De nouvelles espèces exotiques apparaissent, certaines peuvent être dangereuses. Pour les contrôleurs, c’est un travail sans cesse renouvelé!

AM