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Jean-Claude Seiler, une carrière au service de l’enfance

Il est des départs qui suscitent plus d’émotions que d’autres. Au vu des commentaires glanés ici et là, celui de Jean-Claude Seiler en fait partie. Loyal pendant 44 ans à la Ville, dont 22 comme chef du Service d’accueil de jour de l’enfance, il a marqué ce service de son empreinte et le quitte le 1er janvier 2021 pour s’envoler vers une retraite active. Entretien.

© Marino Trotta – Ville de Lausanne

Jean-Claude Seiler: 44 ans au service de la Ville et de la population lausannoise.

Quel a été votre parcours au sein de la Ville?

Je suis rentré en 1977 comme instituteur à Mon-Repos (ex Villamont-dessus) puis j’ai été doyen au collège du Belvédère jusqu’en 1996. Suite à quoi j’ai occupé la place de chef du Service des écoles primaires pendant une année avant de devenir le nouveau chef du Service de la jeunesse et des loisirs au 1er janvier 1998.

A l’annonce de ma nomination, une véritable fronde s’est levée contre moi. Un instituteur de centre-droite et haut gradé à l’armée sont autant d’éléments qui ont généré des craintes jusqu’au Conseil communal. Soutenu par la Municipalité, j’ai mis une grande énergie à m’adapter pour apprendre ce nouveau domaine, l’estimer et le défendre. 

Quelques mois plus tard, les craintes étant tombées et les préjugés disparus, nous avons pu construire un beau projet avec une vision commune.

Quelles ont été vos premières actions?

Dès 1998, sous l’égide de Doris Cohen-Dumani, municipale des écoles à l’époque, et avec le soutien de mon équipe, nous avons commencé par mettre en place ce qui deviendra les APEMS, le service d'accueil parascolaire. Ils ont connu un fort développement avant d’essaimer dans tout le canton. 

Sous l’égide du Municipal Oscar Tosato, arrivé en 2002 et avec lequel j’ai collaboré pendant 14 ans, un véritable Service de la petite enfance a pris son envol et permis à la Ville de suivre les tendances sociétales. 

En 22 ans, nous sommes passés de 1449 places à 6227 aujourd’hui. Et paradoxalement, il y a toujours 1000 personnes sur la liste d’attente centralisée. Ce déficit de places s’explique par la pression démographique ainsi que par de profondes modifications sociologiques de la famille (travail des femmes, séparations, etc.).

Quelles réalisations garderez-vous en mémoire?

Il y en a trois. La première a consisté à fédérer les structures privées et subventionnées autour d’un projet commun. Cela a été possible à partir de 2007 par l’adhésion de tous les partenaires à une charte commune et la création de la Fondation pour l’accueil de jour des enfants (FAJE). A partir de là, les entreprises privées ont pu soutenir le développement de l’accueil de jour lausannois. 

La deuxième réalisation est d’avoir quadruplé l’offre de places disponibles tout en garantissant la qualité d’accueil. Enfin, la troisième est la création du Réseau d’accueil de jour de Lausanne.

Comment l’accueil préscolaire lausannois a-t-il évolué en 22 ans?

Grâce à une équipe formidable, j’ai eu la chance de pouvoir développer et professionnaliser le Service d’accueil de jour de l’enfance, en parallèle à la formation et aux infrastructures. La représentation qu’on se fait du métier a donc également beaucoup évolué et permis une reconnaissance au niveau des politiques et du public. Il reste beaucoup à faire et je confie des défis passionnants à mes successeurs. 

SM