Urbanisme

Ces plans qui (re-)définissent la ville

La révision du Plan d’affectation communal (PACom), entamée en 2020, a fait l’objet d’une exposition du 19 au 29 mai au Forum de l’Hôtel de Ville, Préparer la ville de demain. Visite guidée en compagnie d’Alexandra Ecclesia, collaboratrice à la protection du patrimoine au Service de l’urbanisme.

Ce vendredi 21 mai, une quinzaine de personnes participent à la visite. La plupart connaissent déjà un peu et souhaitent mieux mesurer les instruments de planification de la Ville. Dans quelle mesure sont-ils contraignants? Quel est leur impact sur la protection ou la construction de bâtiments? Les réponses ne sont pas simples. Les discussions, portant notamment sur la situation particulière des territoires forains, prolongent la visite bien au-delà d’une heure.

En introduction, Alexandra Ecclesia rappelle que le PACom actuel date de 2006, et que la loi cantonale oblige à le réviser tous les 15 ans. Des buts ont été fixés pour la révision actuelle: mieux préserver le patrimoine bâti et naturel, parce qu’à Lausanne «on est de plus en plus soucieux de le protéger»; adapter la ville au changement climatique; mieux prendre en compte l’identité et la spécificité des quartiers.

Pour ce troisième objectif, une consultation de la population a été menée ces derniers mois. Quelques dizaines d’avis sont exposés ici. On peut lire par exemple sur un panneau qu’à la place du Château, «on fait des grillades et des dîners canadiens. C’est un peu le centre du quartier, un point de rencontre, une bouffée d’air.»

Patrimoine et quartiers

Le PACom «va déterminer ce qu’on a le droit de construire. Si vous êtes propriétaire, vous allez le consulter pour voir ce que vous avez le droit de faire». Tout ce qui est déjà répertorié est accessible en ligne, sur les guichets cartographiques de la Ville, du Canton ou de la Confédération.

A voir les cartes exposées, on réalise à quel point l’affaire est complexe. Un inventaire fédéral (ISOS) montre en rouge les périmètres de la ville pour lesquels la «sauvegarde de la substance» est exigée. Au recensement architectural du Canton de Vaud, la Tour Bel-Air figure en note 1, elle est donc d’importance nationale, alors que le palais de Rumine est d’importance régionale. Sur une autre carte, on voit en gris qu’une grande partie du patrimoine bâti n’a pas encore été évaluée; une révision de recensement est en cours (voir ci-dessous).

D’autres panneaux illustrent la démarche visant à mieux cerner la richesse et la singularité des différents quartiers. Les regards évoluent, explique encore Alexandra Ecclesia. Il y a quelques décennies, on n’aurait pas considéré que le quartier de la Bourdonnette, témoignage de l’architecture du 20e siècle, mérite d’être protégé.

La révision du PACom arrive au bout de sa première étape. La deuxième fera l’objet d’une nouvelle exposition dans plusieurs mois.

AM