Sport

Treize femmes pour inspirer les Lausannoises

Ce printemps, la Capitale olympique a lancé sa course pour l’égalité dans le sport, avec 2026 dans le viseur. Parmi les premières actions, une campagne pour lutter contre les stéréotypes de genre.

«Mon souhait, c’est qu’il n’y ait plus de sports genrés. Qu’on ne parle plus de ‘sports de filles’ ou de ‘sports de garçons’. Que l’on puisse toutes et tous choisir sa discipline sans pression sociale aucune. Que le sport soit pratiqué simplement pour la beauté des valeurs qu'il incarne», explique la sprinteuse lausannoise Sarah Atcho, au moment de tourner la vidéo de la campagne de sensibilisation Laissons les stéréotypes au vestiaire!

Cette campagne est l’une des premières mesures du plan d’action lancé par la Ville pour atteindre l’égalité femmes-hommes dans le sport d’ici 2026. Remarques et comportements sexistes ou encore appropriation des infrastructures par les hommes figurent parmi les principaux obstacles (voir encadré).

Sexisme et contraintes

L’étude La politique sportive lausannoise à l’épreuve du genre, publiée le 26 mai dernier, montre que parmi les quelque 2000 femmes interrogées, moins de 10% se sentent à l’aise de pratiquer une activité sportive en ville, et 19% ont été victimes d’actes ou de paroles sexistes.

En plus des stéréotypes de genre et des comportements sexistes qui en découlent, les femmes rencontrent d’autres contraintes. «Souvent, nous n’osons pas nous donner le droit de prendre du temps pour nous. Le sport se pratique à la marge, après le travail, la famille et les tâches domestiques», raconte Karine Tassin, qui a découvert l’aviron il y a deux ans, alors qu’elle luttait contre un cancer.

61 mesures

La Ville souhaite remédier à ces obstacles en réalisant, d’ici 2026, un plan de 19 actions prioritaires déclinées en 61 mesures. Permettre un accès égalitaire à la pratique sportive, c’est favoriser la santé et le bien-être de l’ensemble de la population.

«Le sport nous permet de grandir»

La campagne Laissons les stéréotypes au vestiaire! donne la parole à 13 femmes qui témoignent de leur parcours sportifs et des stéréotypes auxquels elles ont été confrontées:

 «A la piscine, il m’est déjà arrivé qu’un coach chronomètre toute l’équipe sauf moi, seule femme du groupe», Marjorie de Goumoëns.

 «Au CrossFit, on nous dit que l’on va perdre notre féminité et que l’on va ressembler à un homme à force de faire de la musculation», Marlène Storti.

«Il serait évidemment plus facile de faire un sport dit ‘féminin‘ pour éviter d’avoir à entendre des commentaires comme: «T’es une fille, de toute façon tu ne marqueras pas», Anastasia Herrmann.

Invitant à dépasser ce climat de machisme ordinaire, chacune des ambassadrices souhaite avant tout inspirer et motiver les filles et les femmes à pratiquer leur sport désiré, sans pression, sans injonction sociale. Parce qu’en plus de faire du bien à son corps, «le sport nous permet de grandir et de prendre confiance en nous», résume Marlène Storti.

YR