Ecoles

De l’eau et des caméras à l’école?

Les Commissions d'établissement scolaire (COMET ou CET) se réunissent plusieurs fois par an pour échanger des idées, faire des propositions ou donner leur avis sur des sujets qui concernent la vie scolaire. Reportage à Grand-Vennes.

Ce lundi soir de printemps à l’Etablissement scolaire Isabelle-de-Montolieu, dix personnes sont réunies en début de soirée. L’ordre du jour, chargé, est suivi à un rythme soutenu pour s’achever à l’heure – la séance y parviendra même avec une minute d’avance.

La composition de la commission est hétéroclite: il y a des parents d’élèves, dont le président de la commission Sandro Patronaggio, des représentants d’organisations présentes dans le quartier, le directeur de l’école, Jean-Daniel Conus, deux conseillers communaux. On passe rapidement sur des points divers, un projet de newsletter, l’installation d’un rack à trottinettes, la distribution gratuite de protections hygiéniques. Deux sujets éveillent une discussion plus nourrie.

Des fontaines dehors

L’un est une proposition d’installations permettant de boire. Au quotidien, certains élèves ont une gourde et la remplissent aux toilettes. Est-ce hygiénique? Aucun souci, précise le directeur, les WC sont entretenus régulièrement. Selon le règlement, on ne peut consommer de la nourriture ou des boissons pendant les cours. Mais les élèves peuvent avoir une gourde pour boire avant et après.

Jean-Daniel Conus n’est pas opposé à un essai. Mais il ne voudrait pas d’une installation à gobelets. Quel type de fontaine alors? Il pense à un point d’eau installé par la Ville. Ne serait-ce pas plus facile dedans? Les élèves pourraient renverser de l’eau et transformer le couloir en patinoire. Au vote, la commission adopte le projet avec deux abstentions, la demande sera donc faite à la Ville.

Tester des caméras

L’autre sujet chaud ce soir, c’est l’installation éventuelle de caméras de surveillance dans la cour. Qui seraient activées seulement en dehors des horaires scolaires, s’empresse de préciser le président. Le conseiller communal Nicola Di Giulio, présent à la réunion, a déposé un postulat pour sanctuariser les écoles. Il suggère que l’école Isabelle-de-Montolieu participe à un projet pilote.

Le principal problème, intervient le directeur, se situe à l’entrée du réfectoire, où souvent on retrouve des déchets le matin. Ce serait plutôt le fait d’anciens élèves «un peu désœuvrés.» L’autre conseiller communal présent, Musa Kamenica, craint que participer à ce projet ne contribue à ternir l’image de ce collège «déjà un peu stigmatisé.» «Agissons là où il faut agir», lui répond Nicola Di Giulio.

Serait-il opportun de mentionner explicitement l’accord de cette école au Conseil communal? Aux deux élus de s’entendre. La secrétaire de la commission suggère d’impliquer le Conseil des élèves dans le projet. Le cadre légal est là, relève le président, inutile d’attendre. Au vote, la proposition est acceptée par huit voix, avec deux abstentions.

Recrutement à l’automne

Lausanne compte 15 COMET, qui se réunissent en principe quatre à huit fois par an. Leurs décisions ne sont pas exécutives, mais leur avis est généralement écouté et suivi. Chaque commission désigne son bureau (présidence) et bénéficie d’un petit budget. Les membres des commissions vont être renouvelés cet automne, pour la nouvelle législature. Les membres représentant les familles seront élus lors de l’assemblée de parents de l’établissement scolaire fréquenté par leur enfant. Les volontaires pourront s’inscrire selon les indications qui seront données à la rentrée par l’école et sur la page internet ci-dessous.

AM