Politique

L'énergie avant tout

La politique a cela de surprenant qu’elle peut vous amener sur des chemins que vous n’aviez pas imaginés. C’est ainsi que le docteur en sociologie et anthropologie qu’est Jean-Yves Pidoux s’est retrouvé à la direction des Services industriels de Lausanne (SiL) après sa première élection à la Municipalité en 2006.

De ce 1er juillet, il n’a pas de souvenir précis, si ce n’est d’avoir perçu d’emblée que, si définir de grandes orientations stratégiques est aisé, il faut savoir les ancrer dans une organisation, des métiers complexes, des partenariats multiples, des projets coordonnés.

Etre à la tête des SiL durant ces 15 années, ça a été une passion. C’est non seulement son cœur de Vert qui parle, convaincu des liens entre les problématiques énergétiques et environnementales, mais aussi celui de l’homme qui aime régir ce paradoxe que vivent les Services industriels: vendre de l’énergie, mais le moins possible afin de l’économiser.

En trois législatures, Jean-Yves Pidoux a vécu des moments importants comme l’ouverture du marché de l’électricité, la construction d’un réseau de fibre optique et la montée en puissance de la chaleur renouvelable dans le contexte du Plan climat de la Ville. Il a, en concertation avec ses chefs de service, lancé et concrétisé une réorganisation fondamentale des SiL.

Certes, des rendez-vous sont reportés, comme l’optimisation de l’usine hydro-électrique de Lavey ou la construction du parc éolien du Jorat. Mais il garde la foi en ces projets. Et, comme il dit, il espère être invité au coupé de ruban.

La force de la raison

Sa passion pour la chose publique n’a pas pris une ride. Il est consterné du refus par le peuple suisse de la loi sur le CO2 (approuvée par deux tiers des personnes qui ont voté à Lausanne). Mais il veut croire en la force de la raison et reste convaincu que c’est une chance que la démocratie suisse offre à toutes et tous la possibilité de participer au débat et aux décisions.

Ce débat, il l’a aussi aimé lors des séances de Municipalité où l’«on peut s’occuper des affaires des autres alors que les autres s’occupent des nôtres.» En 15 ans, il confie ne pas avoir eu un seul jeudi, jour de séance, où il n’avait pas envie de retrouver ses six collègues.

Eloge de la discrétion

Ce défenseur des énergies renouvelables a su aussi renouveler sa curiosité pour tout et la capacité de déceler les choses positives. Alors qu’il avoue mieux connaître la musique classique que la scène rap lausannoise, il salue les changements qu’a apporté ce style de musique en rythmant la langue française.

Plutôt nature ou plutôt ville? Expert dans l’art de ne jamais vous donner la réponse que vous attendez, il vous dira qu’il adore le lac et la forêt, que le pont Chauderon lui évoque quantités de souvenirs, qu’il aime la fontaine de la Palud mais pas vraiment la place de l’Europe. Celui que l’on peut trouver discret vous répondra qu’il n’est pas persuadé que l’indiscrétion soit une qualité, et que, quand on s’occupe des Services industriels, si l’on ne parle pas de vous, c’est que tout fonctionne.

ANB